
Les quatre interprètes du "quatuor de Bordeaux"
A Bordeaux, les moins bonnes années prennent le pas sur les meilleures. Rien
que pour les millésimes des années 2000, les amateurs feront bien d'oublier les
2000, de passer sur les 2003, et de vider au plus vite leurs 2005. Ces vins ne
sont pas faits pour durer. En revanche, les 2001, les 2002 et même les 2007 que
j'ai goûté avant qu'ils ne soient mis en bouteille, années médiocres d'un point
de vue météorologique, sont riches de promesse du point de vue œnologique. La
raison de ce paradoxe : les conséquences sur le plus prestigieux des vins
du réchauffement climatique.
Dégustations
mercredi 16 avril 2008
Bordeaux et le réchauffement climatique
Par Pierre Rival le mercredi 16 avril 2008, 13:11
dimanche 13 avril 2008
Moët déclare le millésime 2003
Par Pierre Rival le dimanche 13 avril 2008, 16:39
2003,
tous les amateurs de vin vous le diront, a été l'année fatale. Particulièrement
en Champagne. Car, il n'y a pas eu que la canicule. L'été le plus chaud du
siècle, la vendange la plus précoce depuis 1822, 80 jours après la fleur (au
lieu de 100) soit le 18 août, une maturation si rapide que certains vignerons
étaient encore à la mer quand il fallut dare-dare ranger le matelas de plage et
se replier (en 4x4) sur les coteaux crayeux, ont laissé des souvenirs cuisants
- c'est le cas de le dire. Mais auparavant, il y avait eu quatre nuits de gel,
les 7, 9, 10 et 11 avril, détruisant 13 500 hectares de vignes, suivis de huit
épisodes de grêle en juin et juillet qui, comme par un fait exprès, touchèrent
les vignobles épargnés par le gel. Résultat, une demi-vendange, faible en
chardonnay et en pinot noir, les deux cépages rois de la Champagne, un peu plus
généreuse en pinot meunier, le mal aimé. Des raisins à forte maturité tannique,
riches en sucre mais où toute acidité avait brulé (5,3 d'acidité, le taux le
plus bas du siècle), un mout hyper-sensible à l'oxydation tournant "chocolat"
comme on dit du côté de Reims et d'Epernay, et des départs en fermentation
intempestifs. Pas étonnant que la plupart des maisons aient renoncé à déclarer
ce millésime. Seuls Bollinger et Moët s'y sont risqués à ce jour. Bollinger, on
comprend. La maison pratique un style où la maturité et la vinosité l'emportent
sur la minéralité et l'aérien. Mais Moët ? Il fallait un certain culot au
jeune chef de cave, Benoît Gouez, pour prendre la décision de réserver une
partie de cette minuscule récolte à la production d'un Grand Vintage. Ou
était-ce qu'il avait sur ce millésime solaire des lumières qui lui venaient de
la studieuse fréquentation de l'oenothèque de Moët, la plus impressionnante
collection de vins de réserve de toute la Champagne ? Au cours d'une
dégustation ouverte à quelques privilégiés, il a en tout cas plaidé avec
bonheur la cause d'un vintage atypique en s'appliquant à montrer en quoi 2003
s'inscrivait dans la lignée d'autres millésimes tout aussi originaux, 1976,
1959, 1947...
samedi 5 janvier 2008
Yquem ? Mais avec le poulet-frites bien sûr
Par Pierre Rival le samedi 5 janvier 2008, 18:09
L'année 2007 a été pour moi l'occasion de vivre une expérience à rendre jaloux les plus gâtés de mes confrères (et Dieu sait s'ils le sont... gâtés, mes confrères). Pierre Lurton, le nouveau et compétent président de Château d'Yquem, en me sollicitant pour actualiser le livre consacré à son domaine par l'éminent connaisseur américain Richard Olney, malheureusement aujourd'hui décédé, me fit en effet le plus merveilleux cadeau dont un gastronome puisse rêver.