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  <title>Alimentation générale</title>
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  <description>Pierre Rival est journaliste, écrivain et chroniqueur gastronomique. Alimentation générale est le journal de bord de ses découvertes, de ses coups de foudre et de ses aventures en matière culinaire. C'est aussi le titre du roman - parution le 4 mai 2007 aux Editions Flammarion - où il raconte les tribulations d'un chroniqueur gastronomique, Paul Rebell,de bouibouis en grands restaurants, à la recherche du seul plat dont on peut abuser sans indigestion, l’amour.
Quels rapports peuvent bien avoir entre eux chroniqueur gastronomique sans le sou, une cover-girl anorexique fiancée à un pacha turc, une veuve chinoise centenaire mais qui a l’air d’avoir vingt ans, une urgentiste en psychiatrie à l’hôpital Bichat et un rabbin berbère de la vallée du Dra ? « Alimentation générale »…</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Thu, 06 Oct 2011 20:03:35 +0200</pubDate>
  <copyright>Alimentation générale</copyright>
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  <item>
    <title>Alimentation générale, le retour... Au Grand Vefour</title>
    <link>http://blog.alimentationgenerale.fr/post/2009/11/08/Alimentation-g%C3%A9n%C3%A9rale%2C-le-retour...-au-Grand-Vefour</link>
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    <pubDate>Sun, 08 Nov 2009 09:28:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Pierre Rival</dc:creator>
        <category>Restaurants</category>
        <category>Bécasse</category><category>Champagne</category><category>Grand Vefour</category><category>Guy Martin</category><category>Oursins</category>    
    <description>&lt;p&gt;Plus d'un an a passé, depuis le dernier post publié sur ce blog. Un
déménagement, l'auteur a quitté Paris pour la (pour le) Champagne, l'envie de
prendre du champ aussi, de ne pas s'engoncer dans la routine, ont rendu ce blog
inactif, la nécessité de l'alimenter moins pressante. Aujourd'hui, il
reprend.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et pour renouer le fil de notre dialogue, je rendrai compte aujourd'hui d'un
des meilleurs repas que j'ai fait depuis l'interruption de ce blog, au Grand
Vefour justement...&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;... dont je déplorai, dans l'ultime post publié ici même il y a un an que le
Guide Michelin l'ait privé de sa troisième étoile. Eh bien, il semblerait que
d'avoir perdu cette distinction ait donné à Guy Martin la liberté d'un
cuisinier qui n'a plus rien à défendre, qui peut donc tout se permettre, pour
le plus grand plaisir de ses convives.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le repas fut des plus simples et son énoncé mériterait de figurer dans une
&amp;quot;Physiologie du Goût&amp;quot; : Oursins de Bretagne dans un fin velouté, œuf de
cailles et caviar osciètre, Palombes façon bécasse, jus aux truffes, la
distinction de ces plats si simples et si gourmands à la fois m'a envoyé direct
dans la stratosphère d'où je ne suis redescendu, comblé et ébloui, que pour
m'étonner encore une fois, avec Guy Martin, de l'incompétence de ceux qui
prétendent décerner des médailles alors qu'ils n'ont jamais vu le feu d'un
fourneau.Ni mangé pour leur plaisir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qu'importe. Guy Martin m'a donné, avec ce repas dont le souvenir me
restera longtemps au cœur sans que j'ai besoin de beaucoup solliciter ma
mémoire, l'envie de partager à nouveau avec les lecteurs de ce blog les plus
belles impressions de gastronomie qu'il me sera donné de transcrire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, pour que les choses soient dites et, à rebours de ceux qui dédaignent ce
mot en le traitant de barbarisme, je préciserai seulement que la gastronomie ne
concerne pas la théorie de la cuisine, il y a des livres de recettes pour cela,
mais désigne un discours sur le bien manger car, après avoir dégusté, il est
juste de discuter et de répandre partout la bonne nouvelle, apôtres que nous
sommes, au service de ces artistes qui, non seulement nous donnent de la joie,
mais surtout nous incitent à penser.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Pour quelle(s) raison(s) le Grand Vefour a-t-il perdu sa troisième étoile ?</title>
    <link>http://blog.alimentationgenerale.fr/post/2008/05/11/Pourquoi-le-Grand-Vefour-a-t-il-perdu-sa-troisieme-etoile</link>
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    <pubDate>Sun, 11 May 2008 10:24:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Pierre Rival</dc:creator>
        <category>Restaurants</category>
        <category>Grand Vefour</category><category>Guide rouge</category><category>Guy Martin</category><category>Michelin</category><category>Trois étoiles</category>    
    <description>&lt;p&gt;Qu'est ce qui n'allait pas dans la cuisine de Guy Martin pour qu'il perde sa
troisième étoile au Michelin ? Des &amp;quot;spécialistes&amp;quot; vous disent qu'au delà
de soixante couverts par service, le vénérable guide rouge prend la décision
d'ôter le macaron. C'était déjà l'explication qu'on donnait pour Taillevent
l'année dernière. Mais...&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;J'ai interrogé Jean-Luc Naret, directeur du guide, qui m'a juré ses grands
dieux qu'un tel critère n'entrait pas en ligne de compte. Et il a pointé
l'irrégularité, la baisse de consistance d'une carte qui, il est vrai ne se
renouvelait guère depuis quatre ou cinq ans. C'est d'ailleurs la première chose
que m'a dit Guy Martin quand je l'ai appelé la semaine dernière, pour lui
annoncer ma venue : &amp;quot;Tu verras, j'ai changé toute la carte&amp;quot;. Je suis donc
allé déjeuner au Grand Vefour. Je voulais en avoir le cœur net, me faire ma
propre opinion. D'abord, bonne nouvelle pour Guy Martin, le restaurant est
toujours plein. Des Américains, des Allemands, mais aussi des Français qui
&amp;quot;viennent se faire plaisir&amp;quot;. Et pourtant on était le 8 mai, en plein pont.
Ensuite, j'ai jeté un coup d'œil sur le menu, effectivement très renouvelé avec
des plats nouveaux comme une Langoustine juste saisie accompagnée d'une
mitonnée de légumes printaniers aux groseilles et d'un nem de coriandre à la
langoustine crue, ou un Turbot braisé, servi avec des courgettes écrasées aux
aromates, parfumées au soja et présenté avec une fine de claire enrobée dans
une gelée de tomate. Deux plats d'une parfaite subtilité de goûts, cuits à
point et d'une harmonieuse fraîcheur. Deux plats originaux sans être
extravagants, deux plats qui, à mon sens, sont parfaitement dignes d'un trois
étoiles. Et puis, il y a la tête de veau façon Guy Martin, avec son jus aux
herbes, ses blancs de poireaux parfumés à la badiane, et son lit de petites
cervelles panées, une réinterprétation à la fois gourmande et ludique d'un
incontournable de la cuisine bourgeoise. Et je me suis dit que si j'avais été
accompagné ce jour-là de l'inspecteur du Michelin, je lui aurais fortement
conseillé de maintenir cette troisième étoile qu'il a si lestement escamoté
lors d'une de ses précédentes visites. Seulement voilà, je ne déjeunais pas en
compagnie de cet auguste, et Guy Martin va devoir pendant un temps plus ou
moins long, se contenter de deux macarons. Restait à s'interroger sur le
pourquoi de cette dégradation. Pour ma part, j'en vois au moins deux. La
première : la fantaisie de Guy Martin n'est pas systématique. Ce n'est pas
un obsessionnel qui pousse dans leurs derniers retranchements les produits pour
en extraire une essence, une idée de plat. La bonne chère lui importe plus que
la théorie culinaire. On vient au Grand Vefour pour se délecter, pas pour se
prendre la tête. En ce sens, sa cuisine est assez conforme à celle d'autres
chefs - Alain Dutournier du Carré des Feuillants, Eric Frechon du Bristol,
Michel Rostang du restaurant du même nom- dont on s'étonne toujours qu'ils
n'aient pas obtenu cette satanée troisième étoile alors que leurs préparations
nous donnent tant de plaisir. La deuxième raison est sans doute plus politique.
Je risque l'hypothèse que le Guide Rouge se sert aussi de critères
extra-culinaires pour classer les établissements. Pendant longtemps, il a été
de notoriété publique que les restaurants de palace étaient défavorisés, car le
Michelin jugeait que les moyens dont ils bénéficiaient les mettaient dans une
catégorie à part. Le Michelin est sensible également aux modes, et pour ne pas
paraitre ringard, donne une prime aux innovateurs &amp;quot;à la El Bulli&amp;quot;. Le Guide
Rouge enfin ne néglige pas les rapports de force économique, et il est probable
que le fait pour le Grand Vefour de passer dans les mains d'un fonds
d'investissement américain n'a pas amélioré son statut. Et puis, il y a
l'impondérable des relations humaines. Guy Martin, avec tout son charme, n'a
peut-être pas fait risette à la bonne personne. Tout cela pour dire que, à mes
yeux, cette troisième étoile, brille toujours au fronton du Grand Vefour. Nous
la lui décernons volontiers, pour son décor - le plus beau de Paris -, la
perfection huilée d'un service qui sait se rendre invisible tout en restant
complice, et surtout pour la qualité d'une cuisine où la tradition et
l'invention se marient sans jamais heurter le palais. Le Grand Vefour a
peut-être perdu sa troisième étoile. Il n'en reste pas moins l'un des meilleurs
restaurants de Paris...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.alimentationgenerale.fr/post/2008/05/11/Pourquoi-le-Grand-Vefour-a-t-il-perdu-sa-troisieme-etoile#comment-form</comments>
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    <title>Mon ami, Alain Dutournier</title>
    <link>http://blog.alimentationgenerale.fr/post/2008/04/23/Mon-ami-Alain-Dutournier</link>
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    <pubDate>Wed, 23 Apr 2008 19:14:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Pierre Rival</dc:creator>
        <category>Alimentation générale</category>
        <category>Alain Dutournier</category><category>Carré des Feuillants</category><category>Economie de la restauration</category><category>Le Maxan</category>    
    <description>&lt;p&gt;Un article de moi, paru dans &amp;quot;Paru Vendu&amp;quot; (ça ne s'invente pas) me vaut une
volée de bois vert de la part d'un chef que je considère parmi les meilleurs en
France. Alain Dutournier que j'avais vu quelques jours avant d'aller au Maxan,
un super bistrot que je vous conseille à tous, m'avait fait part de ses
inquiétudes quant à l'avenir de la création culinaire. En fait, il voulait
attirer mon attention sur le contexte économique qui rend de plus en plus
difficile le maintien du haut niveau de qualité exigé par la cuisine française,
quand elle est à son sommet. Je l'avais pris, moi, au pied de la lettre, et
rendant compte de ses propos, je lui opposais dans mon article l'exemple du
chef du Maxan et ses ingénieuses trouvailles culinaires. Dans un commentaire
qu'il adresse à son confrère du Maxan, et qu'il m'a fait également parvenir,
Alain Dutournier rétablit sa pensée et du coup, la précise. Je ne peux que lui
donner raison sur le problème qu'il soulève. Imparfait messager, j'avais
mésinterprété ses propos. Du coup, nous voila d'accord. Oui, la haute cuisine
française est en danger de mort économique, et oui, de jeunes talents prennent
la relève et croient possible encore, malgré le climat économique morose de
notre pays, de se lancer dans l'aventure de la création culinaire. Les lecteurs
de ce blog pourront lire ci-dessous l'article incriminé, ainsi que la réaction
d'Alain Dutournier. Tant qu'il y aura des hommes, et tant qu'il y aura des
passionnés de cuisine...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.alimentationgenerale.fr/public/./.Dutournier_m.jpg&quot; alt=&quot;Dutournier2&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'article incriminé :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{LE MAXAN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{{ ''Aujourd'hui, les jeunes chefs ne veulent plus se lancer dans la
création. Ils préfèrent ouvrir des bistrots traditionnels. Si ça continue, il
n'y aura plus de grande cuisine française moderne ». Ce constat, c'est Alain
Dutournier, qui le fait. Le patron du Carré des Feuillants, un restaurant deux
étoiles au Michelin, se distingue, d'un côté par sa fidélité au terroir, de
l'autre par sa préférence pour une cuisine inventive et ludique, «une cuisine
qu'on ne peut pas reproduire à la maison ». Même s'il a raison dans 90% des
cas, on peut se demander si, en faisant cette constatation, Alain Dutournier ne
passe pas à côté d'une nouvelle tendance, celle des cuisiniers de bistrots qui
veulent être aussi des auteurs. Laurent Zajac, au Maxan, appartient à cette
nouvelle école. Ce cuisinier de 37 ans qui justement a travaillé avec Alain
Dutournier, entre autres grands chefs, propose une carte courte, toujours au
plus près de la saison, mais où les plats ont l'originalité de recettes
vraiment originales : telles ces grosses asperges vertes, origine
Mallemort (un village de Provence où se cultive le meilleur de ce produit)
qu'il enroule d'un jambon d'Auvergne rapidement passé à la poêle, et arrose
d'un bouillon de volaille : simplissime mais succulent. Ou encore cette
queue de cochon croustillante qu'il désosse complètement pour donner au convive
le plaisir d'une mâche où le croquant s'associe au fondant. Son partenaire,
Serge Conquet, est aussi un sommelier de grande classe. Laissez-vous guider et
il vous fera découvrir des sommets, comme ce Vinifera Touraine 2005 de Henri
Marionnet, vin d'une étonnante subtilité issu d'un vignoble de cot
(l'équivalent du malbec) planté franc de pied, c'est à dire comme on faisait
avant la crise du phylloxera.Non, cher Alain Dutournier, les jeunes
restaurateurs n'ont pas renoncé à être des inventeurs. Maxan, 37 rue de
Mirosmenil, Paris 8ème. Tél. : 01 42 65 78 60 (une entrée, un plat pour 30
€, midi et soir''}}&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la réaction d'Alain Dutournier :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{{Je ne comprend pas cette interprétation de ma parole d'autant que je suis
impliqué et passionné par la restauration de bistrot plutôt vivante... à
commencer par Pinxo...Nous ne parlons pas de la même chose !&lt;br /&gt;
- coup de coeur&lt;br /&gt;
- coup de pouce&lt;br /&gt;
- coup de pied ?&lt;br /&gt;
- Un peu les trois mon capitaine !&lt;br /&gt;
Pierre se sert de mon interrogation sur l'avenir d'une profession dans notre
vieil hexagone pour m'impliquer dans une fausse polémique qui n'intéressera
personne - mon inquiétude n'a rien à voir avec la créativité des cuisiniers
mais avec le &lt;strong&gt;côté économique d'une restauration &amp;quot;étoilée&amp;quot; qui aura du
mal à se renouveler&lt;/strong&gt; dans le contexte social et le pouvoir d'achat en
déclin des Français. CREATIVITE (mieux qu'inventeurs...) ET CREATION
D'ENTREPRISES DE RESTAURATION DE HAUT NIVEAU N'ONT RIEN A VOIR... Exemples
concrets : les nombreux P.S.G. de la restauration}}&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>A propos d'une grève</title>
    <link>http://blog.alimentationgenerale.fr/post/2008/04/22/A-propos-dune-greve</link>
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    <pubDate>Tue, 22 Apr 2008 11:55:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Pierre Rival</dc:creator>
        <category>Alimentation générale</category>
        <category>Grève des sans papiers de la restauration</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.alimentationgenerale.fr/public/./.Greve_des_sans_papiers_m.jpg&quot; alt=&quot;Sans papiers de la restauration&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Piquet de grève devant &amp;quot;Charlie Birdy&amp;quot; à deux pas des Champs
Elysées&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une grève dont mes confrères parlent peu. Et pourtant, elle concerne une
vingtaine d'établissements parisiens. C'est celle des travailleurs sans papiers
de la restauration, qui se battent pour leur régularisation. Ils seraient 50
000 au moins à être concernés selon l'Umih qui, comme les autres syndicats
patronaux, appelle à une régularisation massive...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Certains sont employés depuis plus d'une dizaine d'années, sous couvert
d'une carte de travail d'un frère, d'un cousin. Pour le coup, leurs patrons les
soutiennent. Voir par exemple le communiqué du Synhorcat&lt;br /&gt;
(http://www.synhorcat.com/syn_page.php?rb=com-promo&amp;amp;srub=&amp;amp;id_article=1991).
La preuve que la politique tout répressif du gouvernement en matière
d'immigration se heurte à la réalité des faits. Le combat de ces damnées de la
cuisine mérite d'être soutenu aussi par la communauté des &amp;quot;gourmands&amp;quot;. Ce post
n'a pas d'autre signification...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Bordeaux et le réchauffement climatique</title>
    <link>http://blog.alimentationgenerale.fr/post/2008/04/16/Bordeaux-et-le-rechauffement-climatique</link>
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    <pubDate>Wed, 16 Apr 2008 13:11:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Pierre Rival</dc:creator>
        <category>Dégustations</category>
        <category>Bordeaux</category><category>Château Beychevelle</category><category>Château Guiraud</category><category>Château Kirwan</category><category>Château Latour-Marcillac</category><category>Graves</category><category>Margaux</category><category>Médoc</category><category>réchauffement climatique</category><category>Saint Julien</category><category>Sauternes</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.alimentationgenerale.fr/public/./.QuatuorGroupe_1__m.jpg&quot; alt=&quot;Le Quatuor de Bordeaux&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Les quatre interprètes du &amp;quot;quatuor de Bordeaux&amp;quot;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
A Bordeaux, les moins bonnes années prennent le pas sur les meilleures. Rien
que pour les millésimes des années 2000, les amateurs feront bien d'oublier les
2000, de passer sur les 2003, et de vider au plus vite leurs 2005. Ces vins ne
sont pas faits pour durer. En revanche, les 2001, les 2002 et même les 2007 que
j'ai goûté avant qu'ils ne soient mis en bouteille, années médiocres d'un point
de vue météorologique, sont riches de promesse du point de vue œnologique. La
raison de ce paradoxe : les conséquences sur le plus prestigieux des vins
du réchauffement climatique.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Il se passe quelque chose à Bordeaux. Ou plutôt, il se passe quelque chose
dans le monde. Le réchauffement climatique, quelque soit sa (ses) cause(s), est
en train de changer, à vue d'œil, le style de vins dont nous pensions qu'ils
étaient intangibles. Et ce n'est pas que le style. Avoir entendu, de la bouche
d'un propriétaire du Médoc, que, bon an mal an, le cabernet est désormais
toujours mûr; qu'il va falloir, dans les vingt ans à venir, se débarrasser du
merlot, car en Gironde il se situe aujourd'hui à son extrême limite
méridionale ; que pour le remplacer, il faudra planter de la sirah...
Autant d'affirmations qui m'ont laissé, c'est le moins qu'on puisse dire,
rêveur. Elles étaient pourtant de cours, le 15 avril dernier, à l'occasion de
la dégustation organisée par le « Quatuor », un club informel de quatre
châteaux classés, Château Beychevelle en Saint Julien, Château Guiraud en
Sauternes, Château Kirwan en Margaux, et Château Latour-Martillac en Graves. La
dégustation horizontale de sept millésimes de Beychevelle, Kirwan, et
Latour-Marcillac – je mets le Guiraud de côté sur lequel je reviendrai dans un
autre post – permettait de se faire une idée assez juste de la tenue de ces
vins de qualité sur la décennie 2000. Surprise, en dehors d'un 2004 bien
décevant, les millésimes les moins convaincants étaient précisément ceux dont
les conditions climatiques avaient été jugées les meilleures au moment des
vendanges. 2000 paraissait déjà dilué et sur le point de se défaire, 2003, s'il
faisait encore impression au niveau du bouquet paraissait au maximum de ses
capacités en bouche, et 2005, avec encore du jus, paraissait devoir suivre le
même destin d'une apogée précoce suivie d'un non moins rapide déclin. En
revanche, 2001 et 2002 se révélaient comme d'impressionnantes surprises, ces
millésimes froids et qui paraissaient fermés et raides lors de leurs
dégustations en primeurs, prouvant, aujourd'hui qu'ils ont pris de la
bouteille, que leur aptitude à durer avait été sous-estimé et qu'ils pourraient
s'imposer, à terme, comme les vrais grands millésimes de la décennie. Idem,
pour 2007, une année de pluie et de mauvais temps, tout juste sauvée par un
mois de septembre ensoleillé, mais dont les vins encore en barrique à ce jour
promettent d'être tout simplement explosifs. A en juger par cette horizontale
de trois châteaux parmi les mieux classés du Médoc, il va falloir réviser
sérieusement notre manière de juger les millésimes. A Bordeaux, aujourd'hui,
mieux vaut une année froide et pluvieuse qu'une année chaude et ensoleillée. Le
monde à l'envers...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Sous les pavés, la table ?</title>
    <link>http://blog.alimentationgenerale.fr/post/2008/04/15/Sous-les-paves-la-table</link>
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    <pubDate>Tue, 15 Apr 2008 09:03:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Pierre Rival</dc:creator>
        <category>Alimentation générale</category>
        <category>Claude Peyrot</category><category>design culinaire</category><category>Dodin Bouffant</category><category>fooding</category><category>Frederick e.Grasser Hermé</category><category>Jacques Manière</category><category>Jacques Maximin</category><category>Le Vivarois</category><category>Mai 68</category><category>Restaurant Théâtre</category><category>resto-u</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.alimentationgenerale.fr/public/./.ch.media-henaff-94_m.jpg&quot; alt=&quot;Mai 68&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Mai 68 revu et visité...&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l'occasion de l'inauguration de l'exposition sur la Figuration Narrative aux
Galeries Nationales du Grand Palais,le 14 avril dernier, &amp;quot;l'artifoodeuse&amp;quot;
Fréderick e. Grasser Hermé a convoqué le tout-Paris à un&amp;quot; meeting du Mouvement
Culinaire Etudiant&amp;quot;. Une mise en scène culinaire, dans le très chic Showcase,
sous le pont Alexandre III, visant à recréer l'ambiance Mai 68. Au menu :
œufs mayo, tomates farcies au pâté Hénaf et servies dans leurs boites, raviolis
et hachis-parmentier façon resto-u, etc. L'espace d'une soirée, la misère en
milieu étudiant pour reprendre le titre d'un pamphlet situationniste de
l'époque, est devenue &amp;quot;mortelle&amp;quot;, comme on dit aujourd'hui. Mais si c'était la
mort, la vraie mort de la création culinaire que ce genre d'évènement un rien
pathétique signait malgré lui ?&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;40 ans déjà. Pour ceux qui n'ont pas l'âge, rappelons que Mai 68 fut une
période difficile pour la restauration. Les Halles fermées, les rideaux de fer
tirés, les bons clients désemparés... On frôla le drame. L'occupation, avec ses
tickets de rationnement, n'était pas loin. Heureusement, Pompidou, le bon
berger de Montboudif - patrie d'un excellent aligot - vint. Et retourna la
situation. On recommença à se goberger chez Lipp ou chez Régine (à l'époque
Michel Guérard était aux fourneaux) et chez le père et le fils Oliver, Raymond
Oliver au Grand Vefour, Michel au Bistrot de Paris. Pourtant, une inquiétude
avait saisi les âmes. Rien ne serait plus comme avant. A force d'entendre
vociférer sur les barricades du Quartier latin, &amp;quot;Soyez réalistes, demandez
l'impossible&amp;quot;, certains jeunes cuisiniers, certains jeunes pâtissiers, se
demandaient si leur tour n'était pas venu de faire la Révolution (&amp;quot;R&amp;quot;
majuscule). Heureusement, une discipline de fer régnait dans les cuisines.
Touche pas à ma béarnaise... Quelques galoches, quelques coups de pieds au cul,
et les plus rebelles des marmitons rentrèrent dans le rang. Les évènements de
Mai furent plutôt l'occasion, en gastronomie s'entend, de siffler la fin de la
récréation. On le vit à la façon dont la Nouvelle Cuisine, à partir de cette
époque, partit en couilles. La pauvre s'affadissait à vue d'œil, devenait un
truc de restaurateur pour alléger les assiettes, alourdir les additions. Bien
sûr, il y avait toujours des innovateurs : Jacques Manière et la cuisine à
la vapeur en son Dodin-Bouffant, Claude Peyrot, le chef artiste du Vivarois qui
trouvait son inspiration dans la fréquentation de Jacques Lacan, ou encore
Jacques Maximin, excessif et talentueux enfant de la cuisine méditerranéenne,
d'abord au Chanteclerc de l'Hôtel Negresco, puis mourant sur scène comme
Molière dans son Restaurant Théâtre de Nice. Ceux-là ont brulé les fourneaux
par les deux bouts. Il n'est pas insultant de dire qu'après eux vinrent les
hommes d'affaires, chefs brillants au demeurant mais pour qui il s'agissait
moins de créer que de capitaliser. Le champ de l'innovation culinaire en France
s'en trouva en friche. Bonne occasion pour les bonimenteurs, les jongleurs et
autres prestidigitateurs de la communication, d'occuper le terrain. De
&amp;quot;fooding&amp;quot; en &amp;quot;design culinaire&amp;quot; (les intéressés se reconnaitront) ils
cherchèrent à stigmatiser par de petites mises en scène fortement sponsorisées
le caractère arbitraire de nos façons de manger. On avait déjà connu ça avec le
mouvement futuriste et Dada. Fréderick e. Grasser Hermé nous le ressert
aujourd'hui avec sa parodie de resto-u. On a envie de dire, à quoi bon ?
La transgression censée nous transporter à l'ère de la Révolution a cessé de
nous étonner. Ne reste plus qu'un exercice exécuté mollement, et pour cause,
puisqu'il est alimentaire. Où sont les Feran Adria, où sont les Heston
Blumenthal français, avec qui on aimerait au moins polémiquer ? Trop
occupés à gagner de l'argent, à monter des coups ou des évènements, à devenir
hôteliers, ils ne prennent plus au sérieux leur propre désir de réinventer la
cuisine. Du coup, ça ronronne. On attend la nouvelle, nouvelle
génération...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.alimentationgenerale.fr/post/2008/04/15/Sous-les-paves-la-table#comment-form</comments>
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  <item>
    <title>Moët déclare le millésime 2003</title>
    <link>http://blog.alimentationgenerale.fr/post/2008/04/13/Moet-declare-le-2003</link>
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    <pubDate>Sun, 13 Apr 2008 16:39:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Pierre Rival</dc:creator>
        <category>Dégustations</category>
        <category>Benoît Gouez</category><category>Champagne</category><category>Grand Vintage 1959</category><category>Grand Vintage 2003</category><category>Moët</category><category>Moët Chandon</category><category>Pinot meunier</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.alimentationgenerale.fr/public/./.bottle_blanc__white_s.jpg&quot; alt=&quot;Moet Grand Vintage 2003&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt; 2003,
tous les amateurs de vin vous le diront, a été l'année fatale. Particulièrement
en Champagne. Car, il n'y a pas eu que la canicule. L'été le plus chaud du
siècle, la vendange la plus précoce depuis 1822, 80 jours après la fleur (au
lieu de 100) soit le 18 août, une maturation si rapide que certains vignerons
étaient encore à la mer quand il fallut dare-dare ranger le matelas de plage et
se replier (en 4x4) sur les coteaux crayeux, ont laissé des souvenirs cuisants
- c'est le cas de le dire. Mais auparavant, il y avait eu quatre nuits de gel,
les 7, 9, 10 et 11 avril, détruisant 13 500 hectares de vignes, suivis de huit
épisodes de grêle en juin et juillet qui, comme par un fait exprès, touchèrent
les vignobles épargnés par le gel. Résultat, une demi-vendange, faible en
chardonnay et en pinot noir, les deux cépages rois de la Champagne, un peu plus
généreuse en pinot meunier, le mal aimé. Des raisins à forte maturité tannique,
riches en sucre mais où toute acidité avait brulé (5,3 d'acidité, le taux le
plus bas du siècle), un mout hyper-sensible à l'oxydation tournant &amp;quot;chocolat&amp;quot;
comme on dit du côté de Reims et d'Epernay, et des départs en fermentation
intempestifs. Pas étonnant que la plupart des maisons aient renoncé à déclarer
ce millésime. Seuls Bollinger et Moët s'y sont risqués à ce jour. Bollinger, on
comprend. La maison pratique un style où la maturité et la vinosité l'emportent
sur la minéralité et l'aérien. Mais Moët ? Il fallait un certain culot au
jeune chef de cave, Benoît Gouez, pour prendre la décision de réserver une
partie de cette minuscule récolte à la production d'un Grand Vintage. Ou
était-ce qu'il avait sur ce millésime solaire des lumières qui lui venaient de
la studieuse fréquentation de l'oenothèque de Moët, la plus impressionnante
collection de vins de réserve de toute la Champagne ? Au cours d'une
dégustation ouverte à quelques privilégiés, il a en tout cas plaidé avec
bonheur la cause d'un vintage atypique en s'appliquant à montrer en quoi 2003
s'inscrivait dans la lignée d'autres millésimes tout aussi originaux, 1976,
1959, 1947...&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Benoît Gouez le reconnait. Il a pris certaines libertés avec la façon dont
Dominique Foulon, son prédécesseur, concevait les millésimés. &amp;quot;Lui, cherchait à
réaliser une sorte de super Brut Impérial. Moi, je ne m'impose pas la
contrainte de cet exercice de style. Je veux faire parler le millésime. Et puis
j'ai l'intuition qu'au final, quelque soit les proportions d'assemblage et de
dosage, le Vintage sera toujours une expression de Moët&amp;quot;. Le pari du 2003, il
l'a pris dès la vendange : &amp;quot;Nous avons opté pour une politique qui a sans
doute été mal comprise sur le moment par le reste de la profession. Au lieu de
renforcer la protection du moût, nous avons différé les traitements pour après
le pressurage. Inutile de bloquer toute la matière excessive nous sommes-nous
dit, laissons-la se casser au moment du débourbage et débarrassons-nous ainsi
des éléments les plus fragiles et les moins intéressants...&amp;quot; Une approche
risquée dont l'idée lui est probablement venue suite à ses expériences de
wine-maker en Californie et en Australie où l'on traite ainsi ce type de
vendanges &amp;quot;chaudes&amp;quot;. Autre gageure de Benoît Gouez : faire confiance au
pinot meunier. &amp;quot;On a trop tendance à le prendre pour un sous-pinot noir. Or ses
caractéristiques sont très différentes. Le pinot meunier est un cépage blanc,
en cela beaucoup plus proche du chardonnay, ne serait-ce que par l'absence de
tannin. Le traiter - ou plutôt le maltraiter - comme un pinot noir revient à
passer à côté de ce qui fait sa qualité. Il faut notamment être
hyper-précautionneux au niveau de l'oxydation pour le protéger et lui donner la
possibilité d'exprimer son meilleur. Mais alors, à l'aveugle, je vous assure
que bien des dégustateurs s'y trompent, et prennent certains vins tranquilles
de pinot meunier pour des grands chardonnay, des Bourgogne même&amp;quot;. Le Vintage
2003 comporte du coup 43% de meunier, un pourcentage inhabituel - pour ne pas
dire anormal - en Champagne, et seulement 28% de chardonnay et 29% de pinot
noir.&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;
LA DÉGUSTATION
&lt;/pre&gt;
&lt;p&gt;Ces explications techniques délivrées dans la belle &amp;quot;Réserve des Grands
Millésimes&amp;quot; de Moët avaient donné soif aux auditeurs. Projetée au mur, la liste
des 68 Vintages déclarés par Moët et débutant par l'année 1842 scintillait
doucement. Tout en bas de ce palmarès, l'ajout du dernier né, le 2003, nous
incitait à tendre la main vers nos verres. Avec dextérité, Thierry Gall, le
caviste en charge de cette grotte aux trésors, fit sauter le bouchon du premier
magnum. Crémeux et limpide, le champagne coula dans nos flutes. Au premier nez,
la maturité du fruit - pêche, abricot - nous sauta aux narines. En bouche
cependant, une fraîcheur inattendue frappa notre palais dans un registre
&amp;quot;blond&amp;quot; un rien vanillé mais qui se terminait sur des notes de réglisse tout à
fait désaltérantes. A l'évidence, et de l'avis général des dégustateurs, Benoît
Gouez avait gagné son pari. Mieux, force était de reconnaitre que, même sous
ses habits inaccoutumés, la petite musique du style réducteur (entendez par là
&amp;quot;non oxydatif&amp;quot;) de Moët se faisait entendre. Un millésime charmeur et évident,
facile à boire diront certains, mais que la confrontation avec deux années
comparables, 1959 et 1947, goutés également en magnum, situait clairement dans
la lignée de ses glorieux ainés. Le maître-mot de fraîcheur (&amp;quot;une fraîcheur
phénolique&amp;quot; assurèrent les plus avertis d'entre nous) étant revenu à plusieurs
reprises dans les commentaires, Benoît Gouez nous livra, pour conclure, ses
réflexions sur le sens de cet exercice : &amp;quot;Si vous prenez la vendange 2007,
elle aussi marquée par une maturation très précoce, en août, il est évident que
nous aurons de plus en plus souvent, en Champagne, à traiter ce genre de
situation.Or, je suis persuadé que cette faiblesse en acidité qui caractérise
les vins de l'année 2003, n'est pas antinomique avec la poursuite de la
fraîcheur&amp;quot;. Et nous ne pûmes qu'abonder dans son sens, tant la dégustation lui
donnait effectivement raison. Moët Grand Vintage 2003, un millésime
précurseur ?&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Le Moët &amp;amp; Chandon Grand Vintage 2003 est disponible à partir de
septembre 2008. Une version &amp;quot;rosé&amp;quot; sera également mise sur le marché.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>J'ai mangé du fugu</title>
    <link>http://blog.alimentationgenerale.fr/post/2008/04/06/Jai-mange-du-fugu</link>
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    <pubDate>Sun, 06 Apr 2008 15:52:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Pierre Rival</dc:creator>
        <category>Voyages</category>
        <category>cuisine japonaise</category><category>Fugu</category><category>Tokyo</category><category>Uwajima</category>    
    <description>&lt;p&gt;La réputation du fugu n'est plus à faire. Certains pensent que les gourmets
japonais s'en régalent car, à chaque bouchée, ils risquent la mort. Le foie de
ce poisson contient en effet une toxine (la &amp;quot;Tetrodoxine&amp;quot;) pour laquelle nulle
antidote n'est connue. Au Japon, depuis la fin des années cinquante, seuls les
chefs titulaires d'une licence ont le droit de préparer et de vendre du fugu.
Il faut deux à trois ans à un apprenti pour maitriser la technique de découpe
du fugu. 30% seulement des candidats sont agréés. Lors d'un récent voyage à
Tokyo, j'ai pris le risque de manger du fugu dans un restaurant de Shibuya.
Compte rendu d'une expérience de gastronomie de l'extrême...&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Situé au premier étage d'une maison, dans une petite rue de Shibuya, le
restaurant m'a d'abord attiré par sa tranquilité qui contrastait avec
l'animation de ce quartier réputé pour les jeunes. On pouvait apercevoir, par
les fenêtres, des convives calmement attablés dans un décor où les teintes
blanc cassé du papier de riz tranchaient sur les lueurs des néons scintillant
aux enseignes environnantes. Je n'ai pas prêté attention au panneau qui
surmontait l'entrée, un gros poisson globuleux dardant sur nous un œil
ironique, et nous nous sommes engouffrés dans l'échoppe. Au premier étage, la
serveuse nous a honnêtement prévenu que la carte était seulement en Japonais,
mais elle ne nous a pas découragé. Nous espérions nous aider des photos qui
illustrent les menus. Notre attention fut retenue par une image généreuse, un
pot au feu de poisson, et nous choisîmes ce plat un peu au hasard, sans savoir
que, à partir de ce moment-là, nous nous engagions dans la voie du fugu. La
vérité ne nous fut dévoilée qu'à la fin du premier plat, auquel nous avions
fait un sort. Le poisson qui nous était servi, et dont nous allions décliner
les diverses préparations pendant ce repas, était responsable de la mort d'au
moins une vingtaine de personnes par an. Un vrai serial-killer. La jeune femme
qui m'accompagnait a pâli, et j'ai vu le moment où elle allait se lever de
table et quitter le restaurant. Heureusement, je fais toujours mes expériences
culinaires avec des dames au cœur bien accroché, et celle-ci ne me fit pas
défaut dans l'épreuve. Mais l'ambiance de notre diner s'en trouva sérieusement
contrariée. La serveuse avait commencé par nous amener un sashimi de fugu,
slicé ultra-fin et disposé en cercle dans l'assiette. Elle nous avait indiqué
qu'il fallait rouler chaque pellicule de poisson en crêpe autour de bâtons de
ciboulettes, arroser le tout d'un peu de jus de yuzu et manger le petit rouleau
comme cela, à la croque-au-sel pour ainsi dire. Suivirent des beignets de fugu,
à la consistance de Kentucky Fried Chicken mais au gout autrement persistant et
profond. C'est cette caudale sur la langue qui m'a fait réaliser ce que le fugu
pouvait avoir d'exceptionnel. Non seulement une chair ferme, quoiqu'un peu
grasse et collante, mais surtout une longueur phénoménale et dont je n'ai
jamais connu la pareille en Occident. Comme une note tenue par une soprano
durant un moment qui parait du coup, et pour cause, une éternité, le fugu
insinue une saveur dans le palais dont l'entêtement ne se dément pas pendant de
longues minutes. Mon amie, déjà alarmée, cru que cette persistance manifestait
les premiers symptômes de l'empoisonnement. Et son regard accusateur, dardé sur
moi comme la lumière d'un fanal, m'intoxiqua plus que si le poissonnier avait
mal découpé la poche contenant le fiel du fugu. les beignets furent suivis par
le grand pot au feu où marinaient déjà du chou, du poireau japonais, des
morceaux de tofu, du shiitaké et de l'enoki, un autre champignon japonais. La
serveuse débita alors le poisson, dans un ordre apparemment rituel, d'abord la
bouche, puis la joue, enfin les filets, et même les nageoires. Un trait de
sauce ponzu (vinaigre et jus de yuzu) apportait une note acide à cette
procession où les poissons et les légumes jouaient de leurs textures
différentes pour mimer la variété de la vie, à son zénith. Enfin, le riz
bouilli absorba le bouillon et, sublimé par la sauce ponzu, acheva de nous
envoyer au septième ciel. J'écris cela au sens métaphorique car, si nous n'en
mourûmes point, ce fut là pourtant le point orgastique de notre épreuve, ainsi
que le repas m'apparût en tout cas, en raison de la tension entre ma convive et
moi. Mais cette concentration de saveurs sur le fond neutre du riz - un peu
comme ces merveilleux accompagnements d'abalone avec de la sauce de poisson
séché dans la cuisine cantonaise - nous offrit la trêve bienvenue de son
évidence. L'idée même d'une petite mort sembla soudain plaisante, sinon
souhaitable, pour rétablir l'harmonie entre nous.&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Restaurant Uwajima, à deux cent mètres environ du carrefour de Shibuya
(Tokyo), par une rue dont l'entrée est dominée par le Starbucks Café. N°109,
1er étage. Tél. : 03-3780-5446&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>En vrac</title>
    <link>http://blog.alimentationgenerale.fr/post/2008/03/11/En-vrac</link>
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    <pubDate>Tue, 11 Mar 2008 18:48:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Pierre Rival</dc:creator>
        <category>Restaurants</category>
        <category>Daru</category><category>Dominique Bouchet</category><category>Jacques Glénat</category><category>Jean Louis Triaud</category><category>José Garcia</category><category>Laurent Dassault</category><category>Le lion dor</category><category>Relais Plaza</category>    
    <description>&lt;p&gt;En vrac, voici quelques notes de dégustations sur des restaurants où j'ai
invité au cours des derniers mois diverses personnalités gourmandes qui me les
avaient chaudement recommandées. Grâce leur en soit rendue...&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;DU PALACE AU BISTROT (Invité : Jacques Glénat)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dominique Bouchet a été formé à la dure école de Joël Robuchon. Celle qui
l'a mené du Moulin de Marcouse, deux étoiles au Michelin, à la Tour d'Argent
dont il fut le dernier chef trois étoiles, puis au Crillon. En 2004, ce grand
professionnel a entrainé toute son équipe dans un établissement en propre, et
où il concocte la cuisine qu'il aime, à la fois roborative et princière. Il la
mâtine d'une touche de japonisme, car son épouse est originaire de l'archipel
et qu'il y fait des séjours fréquents. Résultat, des plats sophistiqués comme
son Foie gras au saké, ou canailles comme sa Galette de pieds de cochon, mais
toujours justes. C'est pour le coup que le qualificatif de «de luxe »
mérite d'être accolé au mot de bistrot...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dominique Bouchet, 11 rue Treilhard, Paris 8ème. Tél. : 01 45
61 09 46 (Ticket moyen : 85€)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STYLE PAQUEBOT (Invité : Laurent Dassault)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le jour de l'an 1936, ce magnifique décor, entre art-déco et style
paquebot, accueille le tout-Paris qui s'amuse et qui rit dont c'est la
véritable cantine. Werrner Küchler, le directeur et l'âme de ce lieu, est
probablement le professionnel le plus accompli au monde, dans sa catégorie.
Paris a peut-être perdu sa prééminence dans l'art ou la littérature, mais cette
brasserie de luxe, avec sa carte de plats intemporels et tellement « feel
good », en fait le centre absolu du raffinement dans l'art de recevoir. Le
Relais Plaza c'est plus qu'un restaurant, c'est un art de vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Relais Plaza, Hôtel du Plaza Athénée, 25, avenue Montaigne, Paris
8ème. Tél. : 01 53 67 66 65&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE DERNIER EPICIER RUSSE DE LA RUE DARU (Invité : José Garcia)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A deux pas des bulbes de la Cathédrale Alexandre Nevski, la légende veut que
ce soit un ancien colonel de cosaques qui ait d'abord tenu cette épicerie.
Dominique Mallet, le troisième propriétaire, lui-même petit-fils d'un russe
blanc, maintient seul à Paris la tradition de ces « traktir », c'est le
mot russe, où l'on peut déguster une assiette de caviar – de 20 à 100 g la
portion – des assiettes de zakouskis et s'enfiler des petits verres de vodka
jusqu'à l'aube. On vient ici pour l'ambiance autant que pour la table, pour la
nostalgie d'une Russie disparue, car quoiqu'on fasse, en Russie ce sera
toujours mieux avant. Le Daru, avec son décor rouge et or, joue à fond la carte
de ce charme slave dont on entrevoie la vérité seulement au deuxième verre de
vodka.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Daru, 19, rue Daru, Paris 8ème Tél. : 01 42 27 23
60&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;UNE FINE GUEULE (Invité : Jean-Louis Triaud)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Paul Barbier n'est pas qu'une grande gueule. C'est aussi une fine
gueule et un vrai professionnel de la cuisine. Son répertoire est résolument
bordelais et de saison – cèpes en automne, lamproie en hiver, gigot de Pauillac
au printemps, pièce de bœuf à l'échalote en été. Les propriétaires du Médoc
viennent ici pour l'ambiance et, même si l'adresse est désormais connue du
monde entier, la personnalité tumultueuse de son patron garantit une
authenticité de bon aloi... Authenticité qu'on retrouve dans l'assiette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le lion d'Or, 33460 Arcins en Médoc. Tél. : 05 56 58 96
79&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Toshiro Kuroda : ambassadeur du (bon) goût nippon</title>
    <link>http://blog.alimentationgenerale.fr/post/2008/03/11/TOSHIRO-KURODA-%3A-AMBASSADEUR-DU-BON-GOUT-NIPPON</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:38038ce41b778adade4ee255a3e7bd35</guid>
    <pubDate>Tue, 11 Mar 2008 18:28:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Pierre Rival</dc:creator>
        <category>Voyages</category>
        <category>cuisine japonaise</category><category>Isse Workshop</category><category>Toshiro Kuroda</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.alimentationgenerale.fr/public/./.KURODA_01_s.jpg&quot; alt=&quot;KURODA_01.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
Drôle de bonhomme que Monsieur Toshiro Kuroda, en France depuis si longtemps
qu'il parle le français avec des coquetteries de fin lettré, usant les mots les
plus rares et les tournures les plus recherchées. Mais ce n'est pas pour sa
maitrise de notre langue que Toshiro Kuroda mérite ce coup de projecteur.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Plutôt parce que, avec l'ouverture de l'épicerie Workshop Isse, ce
personnage est en train de bouleverser la perception que nous avons de la
gastronomie de son pays. La cuisine japonaise ne se limite pas au sushi, qu'on
se le dise. Chez lui, les plus grands chefs français viennent se fournir en
produits de moins en moins exotiques : algues pour Michel Troisgros du
Lancaster, miso pour Pascal Barbot de l'Astrance ou jus de yuzu pour Christophe
Mellet de la Bigarade, pour ne citer que les noms de quelques stars. Ils
viennent tous, en quête d'une saveur et d'une émotion qui relèveront leur
cuisine. Monsieur Kuroda fait aussi profiter les Parisiens de sa science avec
trois restaurants situés non loin de l'Opéra. J'ai diné avec lui dans l'un
d'eux, Isse, du même nom que l'épicerie, un restaurant de tempuras et de tapas
(sakana en japonais) où j'ai pu me régaler de plats totalement inédits :
quenelle à la sardine; flan parfumé au yuzu, aux grains de ginko, aux algues
sèches et surtout au bouillon de bonite – un poisson du Pacifique –
préalablement séché, un fond de sauce incroyablement goûteux ; ou encore
tempuras de lotus, frits dans l'huile de sésame, même si Monsieur Kuroda ne
désespère pas de faire venir du Japon la rarissime huile de camélia. Le tout
arrosé par des grands crus de saké, tels que le saké « Ginjo » ou
« noble » au goût à la fois subtil et long en bouche. Je vous
emmènerai par la suite dans ses deux autres restaurants mais, dès à présent,
disons que la présence de Toshiro Kuroda à Paris est un « plus » pour
notre capitale gourmande, aux habitants si férus de découvertes culinaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Epicerie Workshop Isse, 11 rue Saint Augustin Paris 2ème Tel :
01 42 96 26 74&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Restaurant Isse, 45, Rue de Richelieu, Paris 1er. Tel : 01 42
96 26 60 (menu déjeuner : 12 ou 22 €/menu dîner : 30 €)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Bonnes tables/bons prix à Paris</title>
    <link>http://blog.alimentationgenerale.fr/post/2008/03/11/Bonnes-tables-bons-prix-a-Paris</link>
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    <pubDate>Tue, 11 Mar 2008 17:58:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Pierre Rival</dc:creator>
        <category>Restaurants</category>
        <category>Bons plans</category><category>La Marée Passy</category><category>Le Maxan</category><category>M comme Martine</category><category>Paris</category><category>Pergolèse</category><category>Restaurants</category>    
    <description>&lt;p&gt;Voici, au hasard de mes chroniques et de mes pérégrinations culinaires dans
la capitale, une moisson de bonnes tables à petits prix. Régalez-vous...&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;LA MAREE PASSY&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh, oui... La fête est finie. Il va falloir mener une vie raisonnable,
prendre de bonnes résolutions et surtout, perdre du poids. Adieu foie gras,
truffes et farces. Voici venu le temps du régime. Alors, autant le vivre avec
plaisir, en s'offrant, par exemple, un petit détour par la « Marée de
Passy », un restaurant de poissons exclusivement et qui remplace, dans cette
avenue Paul Doumer un peu austère, l'ex « Bigorneau » devenu
entretemps « Escale Coutanceau » et que Jean-Michel Bichart le
nouveau patron, - depuis 2006 – a rebaptisé « Marée » en référence à
son ancien métier, poissonnier (« Le club du poisson » à Neuilly) ...
La marée, c'est ce qui arrive tout frais sur la table et, en ce domaine, la
«Marée Passy» est digne d'un étal de port de pêche, avec une carte à l'ardoise
en fonction de l'arrivage. Le jour de notre venue, nous nous sommes régalés
d'un maigre, rare poisson d'estuaire qu'on trouve dans le Sud-Ouest, à la
consistance ferme et au goût relevé. Détail amusant, le maigre
« rugit » sous l'eau, car c'est un poisson carnassier qui ne s'en
laisse pas compter, mais Jean-Michel Bichart nous l'avait gentiment accommodé
avec une purée arrosée à l'huile d'olive « façon Robuchon », et il se
délitait sous la bouche sans protester et en libérant tous ses arômes. De beaux
desserts classiques (baba notamment) permettent de faire un écart au cas où la
diète de carême nous paraitrait trop austère, mais avec son décor rouge
claquant, ses petites assiettes d'huitres en direct du banc du mareyeur, la
« Marée Passy » n'est pas un endroit triste, loin de là et on en sort
revigoré. &lt;strong&gt;La Marée Passy , 71 av Paul Doumer 75016 PARIS Compter 50 €,
un verre de vin compris. Tél. : 01 45 04 12 81&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M COMME MARTINE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La difficulté d'un petit restaurant de quartier, c'est de réussir à étonner
et à enthousiasmer ses clients avec des produits de tous les jours. Ce n'est
pas qu'ils sont de mauvaise qualité, mais enfin, l'artichaut, les haricots
verts, la daurade ou le rumsteck figurent suffisamment à nos menus familiaux,
pour ne pas susciter chez nous un élan d'allégresse quand nous les voyons
apparaitre à la carte d'un établissement. Tout dépend alors des prédispositions
du chef, et c'est la chance de Martine, l'accorte patronne blonde – et pas
moins intelligente pour cela – de M comme Martine, d'avoir dégoté en la
personne de Sébastien Pouch, cette perle rare, un cuisinier de talent. Pouch
arrive tout droit de la brigade d'Eric Frechon à l'Hôtel le Bristol où il a été
second en exercice, et où il a appris un peu plus que les bases de la grande
gastronomie, les gammes . Et cela change tout, quand un jeune virtuose est au
piano. Car Sébastien Pouch possède deux talents qui transfigurent les produits
les plus banals : l'art de la cuisson juste, et celui des assaisonnements.
Prenez par exemple sa daurade. Certes le filet provient d'une « royale »,
mais on en voit tellement de ces produits d'élevage qui vous sont servis tels
quels, dans leur jus, si l'on peut appeler ainsi la triste eau de cuisson qui
les accompagne. Mais voilà, Pouch a eu la judicieuse et succulente idée de
paner sa daurade avec du piment d'Espelette, du gros sel et du poivre. Ça ne
parait rien, mais ça change tout : le poisson frétille dans votre
assiette. Notre jeune maestro est également très fort sur les desserts. Et là
aussi, même délicatesse et même sens du goutteux : de simples pommes
fruits accompagnées de pistaches sautées au beurre salé et accompagnées de
crème fraiche sucrée sont saupoudrés d'un peu de fleur de sel qui craque sous
la dent et vous fait apprécier toute la complexité et toute la finesse d'un
plat qui marie avec sophistication des saveurs opposées. Sébastien Pouch est un
chef à découvrir, M comme Martine un restaurant à dénicher. La découverte du
mois. &lt;strong&gt;M comme Martine, 33, rue Cardinet, Paris 17ème. Tél. : 01 43
80 63 60. Menu à 32 € (entrée, plat, dessert). Au déjeuner : 24 € (entrée,
plat)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE MAXAN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Aujourd'hui, les jeunes chefs ne veulent plus se lancer dans la
création. Ils préfèrent ouvrir des bistrots traditionnels. Si ça continue, il
n'y aura plus de grande cuisine française moderne ». Ce constat, c'est Alain
Dutournier, qui le fait. Le patron du Carré des Feuillants, un restaurant deux
étoiles au Michelin, se distingue, d'un côté par sa fidélité au terroir, de
l'autre par sa préférence pour une cuisine inventive et ludique, «une cuisine
qu'on ne peut pas reproduire à la maison ». Même s'il a raison dans 90% des
cas, on peut se demander si, en faisant cette constatation, Alain Dutournier ne
passe pas à côté d'une nouvelle tendance, celle des cuisiniers de bistrots qui
veulent être aussi des auteurs. Laurent Zajac, au Maxan, appartient à cette
nouvelle école. Ce cuisinier de 37 ans qui justement a travaillé avec Alain
Dutournier, entre autres grands chefs, propose une carte courte, toujours au
plus près de la saison, mais où les plats ont l'originalité de recettes
vraiment originales : telles ces grosses asperges vertes, origine
Mallemort (un village de Provence où se cultive le meilleur de ce produit)
qu'il enroule d'un jambon d'Auvergne rapidement passé à la poêle, et arrose
d'un bouillon de volaille : simplissime mais succulent. Ou encore cette
queue de cochon croustillante qu'il désosse complètement pour donner au convive
le plaisir d'une mâche où le croquant s'associe au fondant. Son partenaire,
Serge Conquet, est aussi un sommelier de grande classe. Laissez-vous guider et
il vous fera découvrir des sommets, comme ce Vinifera Touraine 2005 de Henri
Marionnet, vin d'une étonnante subtilité issu d'un vignoble de cot
(l'équivalent du malbec) planté franc de pied, c'est à dire comme on faisait
avant la crise du phylloxéra.Non, cher Alain Dutournier, les jeunes
restaurateurs n'ont pas renoncé à être des inventeurs. &lt;strong&gt;Maxan, 37 rue de
Mirosmenil, Paris 8ème. Tél. : 01 42 65 78 60 (une entrée, un plat pour 30
€, midi et soir)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PERGOLESE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Lyonnais ont toujours pensé que leur ville était, non seulement la
capitale des Gaules, mais aussi celle de la cuisine française. Nous n’entrerons
pas dans cette polémique, sauf pour remarquer que, grâce à Paul Bocuse, une
solide tradition culinaire se perpétue à Lyon. Il ne s’agit pas seulement des
bouchons avec leurs mâchons et autres tabliers de sapeur, mais de tables où se
célèbrent une gastronomie roborative sans être indigeste, classique sans être
académique. Une cuisine de concours, en fait, comme on parle des bœufs de
concours, et qui témoigne de la maitrise de chefs formés dans le respect de la
tradition d’Escoffier. Pas étonnant que ce soit à Lyon que, tous les deux ans,
ait lieu la finale du Bocuse d’Or, cette récompense suprême des grands chefs
internationaux. Stéphane Gaborieau, lui, est MOF, Meilleur Ouvrier de France
2004, une autre distinction de prestige. A Lyon, il tenait la Villa florentine,
une table étoilée Michelin, bien connue des gourmands locaux. En 2005, l’envie
lui a pris de respirer l’air de Paris et de faire valoir son art dans l’autre
capitale de la France gourmande. Il a récupéré son étoile au Pergolèse, près de
l’avenue Foch, et nous régale avec des recettes de son cru, même si elles ont
l’air d’appartenir déjà à l’histoire de la cuisine. Ainsi, ce Moelleux de
filets de sardine mariné aux épices à l’intérieur duquel se trouve une fondue
de poivrons en basquaise, et que surmonte un sorbet tomate, plat qui lui a valu
son MOF. Sur l’assiette, on dirait une timbale sortie des illustrations d’un
livre du XIXème siècle. Mais sous la fourchette, on découvre la finesse et
l’équilibre d’une composition toute en nuances. Idem, de sa Volaille de Bresse
en deux cuissons. Aux clients fatigués des acrobaties du fooding et de la
cuisine pseudo moléculaire, le Pergolèse offre la possibilité de renouer avec
ce qui fait la beauté du made in France : le goût des choses. Et puis,
avec son menu business à 42 € à midi (amuse bouche, entrée, plat, dessert + un
verre de vin par plat), c'est le bon plan gastro du moment. &lt;strong&gt;Le
Pergolèse, 40 rue Pergolèse, Paris 16ème Tél. : 01 45 00 21
40&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Sauté Gourmand ? Et que ça saute...</title>
    <link>http://blog.alimentationgenerale.fr/post/2008/02/03/Saute-Gourmand-Et-que-ca-saute</link>
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    <pubDate>Sun, 03 Feb 2008 12:59:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Pierre Rival</dc:creator>
        <category>Restaurants</category>
        <category>Benoit</category><category>David Rathgeber</category><category>Sauté gourmand</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.alimentationgenerale.fr/public/./.RATHGEBER_David_c_Mathilde_de_L_Ecotais_s.jpg&quot; alt=&quot;David Rathgeber©Mathilde de L'Ecotais&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;David Rathgeber©Mathilde de L'Ecotais&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;David Rathgeber, l'actuel chef du Benoit, a longuement concocté, sous la
houlette d'Alain Ducasse, un de ces missiles intemporels qui, de temps à autre,
prennent le palais du dégustateur par surprise. Compte rendu d'une
émotion...&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Qu'est-ce qu'un grand chef ? Quelqu'un qui invente un plat. Le souvenir
que nous laisse une création culinaire est la meilleure preuve du talent de
créateur du cuisinier qui l'a imaginé. Juste avant les fêtes, David Rathgeber,
le chef de Benoit, le bistrot étoilé du groupe Alain Ducasse, m'a invité ainsi
à déguster le « Sauté gourmand », une recette qu'il avait mise au point
avec son patron. Eh bien, malgré les riches agapes qui ont suivi, ce sauté est
l'évènement culinaire qui m'a plus marqué à la fin de l'année 2007. Et donc qui
a toutes les chances de réjouir vos papilles en ce début de 2008. Ce qui fait
la réussite de ce ragout d'aspect plutôt traditionnel, c'est d'abord la
richesse des ingrédients. David Rathgeber fait cuire séparément et avec une
exquise lenteur, un ris de veau dans son jus de braisage, des crêtes et des
rognons de coq, des queues d'écrevisse auxquels, avant de servir, il rajoute du
foie gras, de la truffe et du jus de truffe (et non, notez bien, de l'huile de
truffe, immonde précipité chimique qu'il faut bannir de toutes les tables), du
jambon blanc, quelques orrechiette italiennes, et un zeste de jus de citron. Le
résultat est proprement délicieux en raison de l'harmonie et de l'équilibre des
saveurs dont pas une ne domine mais qui, toutes ensembles, composent une
chorale de sensations à rendre fou de plaisir n'importe quel gastrolâtre.
Maintenant que les lendemains difficiles des fêtes sont passés, il est temps de
remettre nos estomacs au diapason, et la dégustation de ce « Sauté
gourmand » peut nous servir de canon pour calibrer nos gosiers en vue de
nouvelles aventures culinaires. Bravo à David Rathgeber de nous avoir conçu un
tel classique : on dirait qu'il existe depuis toujours...&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Benoit, 20 rue St Martin, Paris 4ème. Tél. : 01 42 72 25 76. Menu
déjeuner : 38€. Sauté gourmand (seulement à la carte) : 39€&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</description>
    
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  <item>
    <title>Une recette pour la paix</title>
    <link>http://blog.alimentationgenerale.fr/post/2008/02/03/Une-recette-pour-la-paix</link>
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    <pubDate>Sun, 03 Feb 2008 12:35:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Pierre Rival</dc:creator>
        <category>Recettes</category>
        <category>Auberge de la Charme</category><category>David Zuddas</category><category>Générations.c</category><category>Pierre Simon Zuddas</category><category>recette pour la paix</category>    
    <description>&lt;p&gt;L'Auberge de la Charme à Prenois, douze kilomètres au nord de Dijon, abrite
David Zuddas, le nouveau président de Générations.C, et sa famille. Dans ce
lieu à la fois rustique et cosy, on s'est régalé samedi 2 février 2008, et
notamment d'une tarte de champignons et truffe noire - craquant du sablé,
onctuosité de la purée d'aubergines, neutralité du champignon de Paris,
intensité de la truffe noire d'une fraicheur sans égale - plat qui s'imprime
dans la mémoire et deviendra, nous en sommes sûr, une signature pour ce jeune
chef avenant et charismatique. Mais nous redoublâmes de plaisir à la lecture de
la recette ci-dessous, inventée par l'autre chef de la maison, Pierre Simon,
son fils de 11 ans. La voici, &amp;quot;fôtes&amp;quot; d'orthographe incluses, dans sa
rafraichissante générosité. Une recette à mettre d'urgence à nos menus...&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Gâteau contre la guerre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ingrédiens :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- bazooka - 400l de paie - 1kg d'amour - 750g de tolérence - 5l de bonheur -
balles/armes - terre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;mettre dans la terre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire fondre les bazookas à 4000c°. Mélanger la fondue de bazooka avec 400l
de paie; mettre 1kg d'amour, enlever les armes, ajouter 750g de tolérence, 5l
de bonheur, faire cuire à 264c°, puis sortir du four, enlever les balles et
laisser reposer tout ça pour toute la vie en offrant le gâteau au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'ajouter d'autre ? Merci chef Pierre Simon, et bon appétit à
tous...&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;L'Auberge de la Charme à Prenois 21370 Prenois. Tél.: 03 80 35 32 84.
Fax : 03 80 35 34 48. davidlacharme@aol.com - fermé le dimanche soir, le
lundi et le mardi midi. A 10 minutes de Dijon, par la route nationale 71,
direction de Troyes.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Tête de veau en Tortue : la recette</title>
    <link>http://blog.alimentationgenerale.fr/post/2008/01/27/Tete-de-veau-en-Tortue-/-LA</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:6455290d11b7152a057e3472fd9a9a86</guid>
    <pubDate>Sun, 27 Jan 2008 10:47:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Pierre Rival</dc:creator>
        <category>Recettes</category>
        <category>Ali-Bab</category><category>Jean Claude Ribaut</category><category>Tete de veau en tortue</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.alimentationgenerale.fr/public/./.Samajestelatetedeveau_m.jpg&quot; alt=&quot;Sa majesté la tête de veau&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;&lt;em&gt;Sa
Majesté la Tête de Veau&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Claude Ribaut, membre émérite du Club de la Tête de Veau , chroniqueur
gastronomique au &amp;quot;Monde&amp;quot; et excellent cuisinier, nous communique la recette
d'Ali-Bab qu'il exécute lui-même à merveille.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Tête de veau en Tortue Recette de ALI – BAB (alias Henri Babinski 1907)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour douze personnes, prenez :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 - Pour l’élaboration de la sauce :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;300 g. de sauce tomate&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;350 g. de fond de veau&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;125 g. de madère&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 g. de champignons&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 g. de basilic&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 g. de marjolaine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 g. de sauge&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 g. d’estragon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 g. de romarin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 g. de laurier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 g. de thym&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 g. de poivre noir en grains&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;½ g. de fleur de tanaisie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 litre de sauce espagnole&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;glace de viande&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;truffes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cayenne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 – Pour la garniture :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 petites quenelles en farce de veau, au beurre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 olives tournées&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 petits champignons&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 petits cornichons&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 petites escalopes de langue de veau&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 petites escalopes de cervelle de veau&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 lames de truffe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 petits croûtons losangiques en pain de mie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 œufs durs coupés en deux (Escoffier préconise des œufs frits)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire cuire la tête, la langue et la cervelle, entière si possible, dans un
bouillon blanc assaisonné. Préparez la sauce. Faites bouillir le fond de
veau ; mettez dedans : basilic, marjolaine, sauge, estragon, romarin,
thym, laurier, poivre, fleur de tanaisie. Laissez infuser ½ heure, passez,
réservez. Mettez la sauce espagnole dans une casserole. Concentrez la d’un
quart, ajoute ensuite la glace de viande, la sauce tomate, les champignons et
un peu de truffes hachées, plus ou moins de l’infusion aromatique, au
goût ; passez à l’étamine ; goûtez ; relevez avec un peu de
Cayenne. La sauce doit être brune, sirupeuse, très corsée et d’un goût
aromatique parfait. Désossez la tête ; coupez là en morceaux
réguliers ; escalopez la cervelle et le langue ; tenez au chaud.
Pochez les quenelles de veau dans de l’eau salée ; les olives dans du
fond ; cuisez les champignons dans du beurre ; les truffes dans du
madère. Disposez les morceaux de tête dans un plat tenu au chaud ;
entourez les avec les quenelles, les champignons, les olives, les cornichons
parés, les escalopes de cervelle et de langue, les œufs, les lames de truffes,
les croûtons de pain de mie, frits au dernier moment ; masquez le tout
avec la sauce et servez.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>La 6ème Nuit de la Tête de Veau</title>
    <link>http://blog.alimentationgenerale.fr/post/2008/01/26/LA-6eme-NUIT-DE-LA-TETE-DE-VEAU</link>
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    <pubDate>Sat, 26 Jan 2008 16:07:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Pierre Rival</dc:creator>
        <category>Alimentation générale</category>
        <category>Club de la Tête de Veau</category><category>Le Procope</category><category>Louis XVI</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.alimentationgenerale.fr/public/./.restaurant_resto4_BG43_s.jpg&quot; alt=&quot;restaurant_resto4_BG43.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le restaurant &amp;quot;Le Procope&amp;quot; a accueilli cette année le traditionnel repas du
Club de la Tête de Veau, donné chaque 21 janvier pour célébrer la décapitation
de Louis XVI sur la place de la Liberté.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Au menu, la Tête de Veau sauce tortue dont tous les membres du club se sont
accordés à reconnaitre l'exceptionnelle qualité. Il est vrai que les deux chefs
de cette vénérable institution s'étaient appliqués à suivre à la lettre les
instructions données par le grand gastronome Ali-Bab (alias de Henri Babinski)
dans sa &amp;quot;Gastronomie pratique&amp;quot;. Grand succès d'estime. Les chants
révolutionnaires ont rythmé le ballet des mandibules, les mots d'esprits, les
cadavres exquis accompagné le tango des râteliers. La soirée s'est terminée sur
la prestation du &amp;quot;Serment du Procope&amp;quot; : &amp;quot;Nous jurons de nous rendre,
l'année prochaine à Londres, le 30 janvier, jour anniversaire de la
décapitation de Charles 1er, pour prêter mainforte aux républicains anglais, et
faire subir les derniers outrages à la ci-devant Windsor, ou faute de se donner
cette satisfaction, manger du moins une Tête de Veau... à l'anglaise&amp;quot;. Que la
volonté du Peuple soit faite...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A noter qu'à partir du mercredi 16 avril 2008, le Procope propose une fois
par mois une soirée &amp;quot;Tête de veau en sauce tortue&amp;quot;. Réservations : 01 40
46 79 00&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES PHOTOS DE L'EVENEMENT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Copyright photos : Christian Sarramon&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.alimentationgenerale.fr/public/./.DSC_2530_s.jpg&quot; alt=&quot;Dégustons, dégustons !&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt;Dégustons, dégustons !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
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&lt;img src=&quot;http://blog.alimentationgenerale.fr/public/./.DSC_2538_s.jpg&quot; alt=&quot;Le Rêve du Sans Culotte&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt;Le Rêve du Sans-Culotte&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
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&lt;img src=&quot;http://blog.alimentationgenerale.fr/public/./.DSC_2550_s.jpg&quot; alt=&quot;Marianne&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;Marianne&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
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&lt;img src=&quot;http://blog.alimentationgenerale.fr/public/./.DSC_2514_s.jpg&quot; alt=&quot;Une assemblée de qualité&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt;L'Assemblée Nationale&lt;br /&gt;
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&lt;img src=&quot;http://blog.alimentationgenerale.fr/public/./.DSC_2587_s.jpg&quot; alt=&quot;Les Fiancés de l'An 2&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;Les Fiancés de l'AnII&lt;br /&gt;
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&lt;img src=&quot;http://blog.alimentationgenerale.fr/public/./.DSC_2568_s.jpg&quot; alt=&quot;Le Comité de Salut Public&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt;Le Comité de Salut Public&lt;br /&gt;
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&lt;img src=&quot;http://blog.alimentationgenerale.fr/public/./.DSC_2545_s.jpg&quot; alt=&quot;La Montagne&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt;La Montagne&lt;br /&gt;
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&lt;img src=&quot;http://blog.alimentationgenerale.fr/public/./.DSC_2590_s.jpg&quot; alt=&quot;Le fils du Peuple et l'Aristocrate&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;Le Fils du Peuple et
l'Aristocrate&lt;br /&gt;
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&lt;img src=&quot;http://blog.alimentationgenerale.fr/public/./.DSC_2598_s.jpg&quot; alt=&quot;Les Incorruptibles&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;Les Incorruptibles&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;img src=&quot;http://blog.alimentationgenerale.fr/public/./.DSC_2548_s.jpg&quot; alt=&quot;Heureux comme le Sans Culotte avec sa Tricoteuse&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt;Heureux comme le Sans-Culotte avec sa
Tricoteuse&lt;br /&gt;
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&lt;img src=&quot;http://blog.alimentationgenerale.fr/public/./.DSC_2586_s.jpg&quot; alt=&quot;Dura Lex, sed Lex&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt;Dura Lex, Sed Lex&lt;br /&gt;
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&lt;img src=&quot;http://blog.alimentationgenerale.fr/public/./.DSC_2602_s.jpg&quot; alt=&quot;Le Paradis selon Marat&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt;Le Paradis selon Marat&lt;br /&gt;
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&lt;img src=&quot;http://blog.alimentationgenerale.fr/public/./.DSC_2533_m.jpg&quot; alt=&quot;La tête du Président&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;La Tête de Veau... Euh, pardon ! La Tête
du Président du Club de la Tête de veau...&lt;/p&gt;</description>
    
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    <title>Yquem ? Mais avec le poulet-frites bien sûr</title>
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    <pubDate>Sat, 05 Jan 2008 18:09:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Pierre Rival</dc:creator>
        <category>Dégustations</category>
        <category>Alain Dutournier</category><category>Bernard Pacaud</category><category>Guy Savoy</category><category>Jean-François Piège</category><category>Ken Hom</category><category>Michel Guerard</category><category>PIerre Lurton</category><category>Robert Lynxe</category><category>Yquem</category>    
    <description>&lt;p&gt;L'année 2007 a été pour moi l'occasion de vivre une expérience à rendre
jaloux les plus gâtés de mes confrères (et Dieu sait s'ils le sont... gâtés,
mes confrères). Pierre Lurton, le nouveau et compétent président de Château
d'Yquem, en me sollicitant pour actualiser le livre consacré à son domaine par
l'éminent connaisseur américain Richard Olney, malheureusement aujourd'hui
décédé, me fit en effet le plus merveilleux cadeau dont un gastronome puisse
rêver.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;__&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Votre ordre de mission, me dit-il en substance, consiste à vous aboucher aux
meilleurs chefs pour décider avec eux si Yquem est bien un vin de table qui se
marie, non seulement avec le foie gras ou les desserts, comme le veut la
tradition, mais avec toutes sortes de plats. Il me nantit d'une dizaine de
flacons - principalement des 1996, 1998 et 2001, millésime, le 2001, dont on ne
dira jamais assez que, tout de fraicheur et de limpidité, il faudra encore
l'attendre quand nous serons déjà mort, et m'envoya frapper à la porte des plus
grands : Michel Guérard, Bernard Pacaud, Alain Dutournier, Guy Savoy, Jean
François Piège - je les cite dans l'ordre non pas alphabétique mais
chronologique - et même le hong-kongais Ken Hom. Je me lançais aussi dans cette
quête fort d'un viatique dont m'avait muni, il y a plus de dix ans, le comte
Alexandre de Lurs-Saluce, alors encore propriétaire du domaine. A ma
question : &amp;quot;Comte, vous n'en buvez quand même pas tous les jours ?&amp;quot; Il me
répondit : &amp;quot;Non, seulement le dimanche, en famille, avec le
poulet-frites&amp;quot;. Pour en savoir plus, les lecteurs de ce site ont le privilège
de découvrir ci-dessous le chapitre que j'ai consacré à cette aventure dans le
livre sur Yquem que viennent de publier les éditions Flammarion et qu'on pourra
se procurer en allant sur le site indiqué ci-contre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;YQUEM ET LA GASTRONOMIE D'AUJOURD'HUI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Château d'Yquem appartient à cette élite très fermée des vins servis en
priorité lors des repas d'apparat. C'était vrai hier, ça le reste aujourd'hui,
encore plus pourrions-nous dire, maintenant que sa réputation dépasse les
frontières du monde occidental, et s'étend notamment en Asie. En effet, des
collectionneurs japonais, coréens, ou chinois comme Henry Tang, chef exécutif
de la région administrative spéciale de Hongkong jusqu'en 2012, ont rassemblé
au cours du temps quelques unes des plus belles caves d'Yquem, et comptent
aujourd'hui parmi les plus fins connaisseurs du « roi des vins ». Yquem
est devenu, dans les grands évènements en Asie, le cru de référence, celui qui
marque l'honneur que fait l'hôte à son invité, en le mettant dans une classe à
part. On a vu ainsi, le 10 février 2007, vingt cinq convives, la fine crème de
la finance asiatique, américaine et européenne, se réunir au restaurant
Mezzaluna dans le Dôme à Bangkok, pour déguster le deuxième repas de gala des
« Epicurean Masters of the World» concocté par dix chefs venus du monde
entier – tous trois étoiles au Michelin –. Le point culminant de ce repas à 25
000 dollars dont une partie des revenus fut versée à l’organisation humanitaire
Médecins Sans Frontières a été une « Pyramide de pain d'épices, avec
caramel et crème glacée au beurre salé » préparée par Jean-Michel Lorain
de La Côte Saint Jacques en Bourgogne et accompagnée d'un Château d'Yquem 1967,
un accord mettant parfaitement en valeur ce millésime dont Michael Broadbent a
décrit ainsi la complexité : « Quand il est servi : miel; après
dix minutes : ananas; après trente minutes, un arôme quasi incroyable, le
mot « ambroisie » venant immédiatement à l'esprit. Au bout d'une
heure : sublime ».Le chef Ken Hom, qui a initié les anglo-saxons à la
cuisson au wok et à la gastronomie chinoise comme aucun cuisinier avant lui,
pense d'ailleurs que Yquem est un des vins qui s'accorde le mieux aux goûts des
préparations asiatiques : «la largeur de leur palette aromatique où le
doux et l'amer, l'épicé et le neutre se combinent dans une recherche d'harmonie
s’accorde parfaitement à un vin qui joue sur une gamme de saveurs à l'amplitude
tout à fait comparable ». Un repas en sa compagnie, dans un des restaurant
vietnamien les plus côté de Paris, Than Din, nous a permis de vérifier que la
gastronomie asiatique trouve en Yquem un compagnon que les sauces à base de
poissons séchés ne déconcerte pas et qui se joue des flammes de certains
piments relevant notamment les plats d'origine du Setchouan. On peut dire même
qu'il trouve dans cet univers de saveurs favorisant les associations aigre-doux
ou sucré-salé un nouveau terrain de jeu où sa complexité lui promet un bel
avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, Yquem reste en tout cas le « vin des rois » au sens
littéral du terme, puisque la reine Elisabeth s'en est vu offrir par son fils,
le prince Charles, à l'occasion du repas d'anniversaire de ses 80 ans qui
réunissait toute la famille royale à Kew Palace et où le dessert, un gâteau au
chocolat et sa compote de baies rouges de Highgrove, le domaine agricole du
prince de Galles, était accompagné d'un Yquem 1982. Un millésime que semble
apprécier la reine d'Angleterre. Ainsi, François Loiget nous rappelle dans ses
mémoires de cuisinier de l'Elysée « Les cuisines de l'Elysée » qu'il
accompagnait le repas que Jacques Chirac lui offrit à Londres, à l'ambassade de
France, en accompagnement d'un foie gras des Landes à la gelée de sauternes.
Une tradition qu'on pourrait appeler « républicaine » veut en effet
qu’au Palais de l'Elysée, lors des dîners officiels, ce soit toujours une
bouteille de château d'Yquem qui accompagne le foie gras. Si bien qu'on
pourrait dire du « vin des rois » qu'il est aussi le « vin des
présidents ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le château d’Yquem serait-il condamné pour autant à ne servir que de
faire-valoir au foie gras ou aux desserts ? Un certain nombre de chefs de
cuisine pensent que c'est là réduire ses potentialités et que sa complexité
aromatique autorise un service durant tout le repas. Alors, Yquem sur tout les
plats ? Alain Dutournier, landais et chef du restaurant « Le carré
des feuillants » écrivait déjà en 1997 que Yquem « n'a peur de rien
».. Et de détailler : « il se joue à merveille des crustacés, des
épices, des gibiers, des volailles, de certains desserts et même des plus beaux
cigares ». Alexandre de Lurs Saluce, quant à lui, interrogé sur les
« occasions » où il dégustait un Yquem, répondait à un visiteur, sur
le ton le plus sérieux du monde : « Le dimanche, en famille, avec un
poulet frites... » Et effectivement, quand on y pense, le caramélisé de la
peau de la volaille, le croustillant relevé de sel de la pomme de terre,
peuvent faire bon ménage avec un Yquem « du dimanche », car la complexité
du grand cru laisse bien des possibilités ouvertes. D'autant que le foie gras,
ce compagnon ancestral de notre héros, se prête dans la cuisine contemporaine à
toutes les variations, on pourrait même dire à toutes les métamorphoses.
Quelques grands cuisiniers se sont donc essayés à relever cette gageure, à
commencer par Marc Demond, ancien de chez Fredy Girardet et qui officie
désormais dans les cuisines du château. Un repas préparé par lui, le 6 mars
2007, nous a fait apprécier ainsi l'accord entre un Yquem 1996 et un
« Emincé de poulet et foie gras de canard aux morilles » dont la
rusticité printanière offrait un contraste heureux avec ce un vin encore jeune.
Seulement, Yquem 1996, issu d'une grande année de botrytis, se prête
admirablement à des jeux risqués comme nous avons pu également en juger chez
Alain Dutournier sur un « lièvre à la royale à la mode d'Aquitaine »
dont le cuisinier gascon explique ainsi la préparation : « Comme le
lièvre à la royale est devenu une recette charcutière (farce de porc... genre
galantine) parsemée de brisures de truffes, je préfère donner à ma recette le
titre de « à la mode d'Aquitaine ». Dans ma conception, j'utilise un
animal fraichement tué, dépouillé, désossé; je le frotte avec un peu de vieux
Rhum, je le badigeonne avec une pommade d'épices et je l'oublie quelques jours
dans de l'huile à une température très basse. Vous comprendrez ainsi mon mépris
pour la traditionnelle marinade au vin rouge cru et sa mirepoix de légumes qui
délave les chairs et leur donne un goût dégradé de fermentation – très loin de
la délicatesse du lièvre. Ma préparation, grâce à une cuisson très lente,
favorise une osmose entre le lièvre, la truffe, le foie gras et le vin de
Sauternes ». Un plat « démoniaque » dont les saveurs riches et
complexes se marient à merveille avec le « topaze » du Sauternes,
dixit toujours Alain Dutournier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet accord de l'Yquem avec des braisés se vérifie également chez Guy Savoy,
un autre grand amoureux d'Yquem, qui nous a régalé ainsi d'un « Jarret de
veau confit-braisé » accompagné de légumes racines, plat dont l'onctuosité
délicate s'harmonisait admirablement avec un Yquem 2001 qui, dans sa toute
première fraîcheur, révélait déjà son caractère de « monstre » que
nos enfants et nos petits-enfants, dans plusieurs dizaine d'années, estimeront
sans doute à l'égal d'un Yquem 1937 ou même, qui sait, d'un 1921. Le gibier,
avec ses préparations aux baies et aux fruits se prête également aux
accordailles avec un Yquem, un 2001 par exemple, avec sa finale d'une grande
finesse et qui fait penser paradoxalement à Montrachet : Jean François
Piège, le maître queue des Ambassadeurs à l'Hôtel de Crillon nous a ainsi
régalé d'un chevreuil, compression de poire épicée et poivrade, dont les
saveurs contrastées se laissaient enrober avec beaucoup d'élégance par ce
millésime vif et droit comme une statue de l'Attique. Suivait une compression
de pomme, coing et hostie de Granny Smith, un dessert comme les aime Yquem car,
entre confit et acidité, il s'y trouve forcément en terrain de
connaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yquem, les crustacés ? La déclinaison peut paraître sinon extravagante,
du moins périlleuse, sauf à en croire le grand expert anglais du vin Hugh
Johnson qui, dans son livre de mémoires « Wine, a life uncorked » se
rappelle avoir reçu de la bouche même de Alexandre de Lurs Saluces le conseil
de déguster un homard avec du Yquem au cours d'une dégustation organisée par le
vintner's londonnien Guy Prince. Comme quoi... Lors du repas au Crillon que
nous évoquons ci-dessus, Jean-François Piège nous surprit de même, et en bien,
avec une association à priori osée entre un Yquem 1999 et des noix de
Saint-Jacques servies avec du potiron et des truffes blanches d'Alba, puis en
réitérant ce coup d'audace avec un homard bleu simplement accompagné de
spaghetti carbonara. A partir du moment où les produits sont de première
qualité, explique Hugh Johnson, les meilleurs vins ne leur font jamais défaut.
Nous avons pu le constater à cette occasion exceptionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois un chef réussit la déclinaison parfaite qui, de l'entrée au dessert,
accompagne Yquem sans jamais le mettre en porte à faux. Nous fîmes cette
expérience, un soir de novembre 2006, grâce à Bernard Pacaud, l'admirable
maître de l'Ambroisie qui, dans la retraite de son atelier de la place des
Vosges, s'applique modestement à approcher la perfection. Tous le repas avait
été pensé autour d'Yquem, deux flacons – un de 1996, l'autre de 2001 – qui
figuraient glorieusement sur notre table comme des prises de guerre sous les
yeux un peu jaloux des autres convives. Monsieur Pierre, le maitre d'hôtel,
nous porta d'abord un velouté de langoustines, chutney de poivrons et d'ananas
qui relevait le prodige de mettre en valeur le gout si délicat des crustacés
sans le noyer dans une pommade de parfums, le vin servant de poutre faitière à
cette construction délicate et si pleine de charmes. Puis ce furent des
suprêmes de pigeon au caramel d'agrumes accompagnés d'une compotée de dattes
aux agrumes où l'Yquem 1996 put entrer en action tel un premier violon guidant
le quatuor dans l'exercice d'une sonate de saveurs. Enfin vint le dessert, une
nougatine feuilletée de poires où la réglisse apportait sa note à la fois suave
et métallique sublimée par la fraicheur intemporelle du 2001. L'expérience, en
tout point réussie, achevait de nous convaincre que Yquem, qualifié autrefois
de vin de dessert ou cantonné à l'accompagnement du foie gras, pouvait se
déguster avec à peu près toutes les formes de cuisine contemporaine. Grand
expérimentateur devant l'éternel, Michel Guérard, le père de la « Nouvelle
Cuisine » a cherché justement à pousser Yquem dans ses derniers
retranchements notamment en septembre 2005 lors du dîner de gala donné au
château. Un Yquem 1988, millésime de grande garde que Robert Parker décrit
ainsi : « Outre son nez de miel, de fumé, d'orange, de noix de coco
et d'ananas, il révèle un caractère puissant et très corsé, et déploie en
bouche, par paliers, des arômes richement extraits et très botrytisés, ainsi
qu'une finale sensationnelle», autant dire un vin d'une rare complexité, se
devait de relever un double défi. Celui du caviar d'abord, dont le moins que
l'on puisse en dire est que son côté iodé ne s'associe pas naturellement à un
vin liquoreux, fusse-t-il le plus grand. Michel Guérard dans un petit tour de
force gastronomique le maria à un œuf de poule dans lequel une mousse de persil
plat assaisonnée de cerfeuil, une gelée de maquereaux parfumée au fumet de
poisson clair et quelques dés d'anguille fumée étaient également présents. Sur
le côté, une nage de légumes et homard au combava apporta la note de fraicheur
indispensable, équilibrant cette construction d'équilibriste culinaire. A la
dégustation, les arômes de fumé « spiritualisaient » littéralement ce
plat et permettaient de faire le lien avec la profondeur métaphysique d'Yquem.
Sur cette même piste, Michel Guérard décida de fumer en cheminée
l'incontournable foie gras, lui donnant du même coup une élévation et une
légèreté en gout permettant d'éviter l'écueil du « gras sur gras »
qui plombe trop souvent cette association classique. Une tartine thaï toastée
d'agrumes et servie avec une quenelle de gelée au vin de pêche achevait de
délier tout à fait le foie gras et d'en faire un incomparable danseur étoile
dans le pas de deux avec Yquem. Bien sûr, au dessert de ce repas mémorable, un
flan brulé retour des Isles, on retrouva Yquem, en millésime 1975, car même si
on ne peut le réduire à une vocation de « vin de dessert », il n'en reste
pas moins un merveilleux compagnon pour tout ce qui est sucré. Les journalistes
invités au château pour célébrer le 150ème anniversaire du classement des
grands crus en 1855 peuvent en témoigner qui se virent servir pas moins de
cinquante bouteilles d'Yquem 1967 pour accompagner une Gelée de miel vanillée,
avec fraises des bois, création raffinée de Michel Trama, le chef triplement
étoilé des Loges de l'Aubergade dans le Périgord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut terminer ce chapitre sans évoquer un autre accord dans lequel
Yquem excelle : celui avec le chocolat. Pourtant, il n'y a rien de plus
difficile que de marier des vins avec cette fève dont la fermentation, la
torréfaction, le séchage et le conchage par ajout de beurre de cacao, de sucre
et de lait, ne peuvent empêcher cette amertume qui fait aussi tout son charme
profond de ressortir. Assortiment donc redoutable pour un vin que cette
friandise faussement sucrée : certains Xérès, quelques Portos, des Banyuls
réussissent parfois cet examen de passage. Robert Lynxe, le créateur de la
« Maison du Chocolat » est sans doute l'un des plus grands expert.
D'après lui, le château d'Yquem se tire haut la main de cette épreuve. Il
suffit seulement, d'associer le bon millésime avec la bonne ganache. Et il
conseille ainsi, dans la gamme de ses créations, de marier un vieil Yquem avec
un chocolat au lait tel que le « Rigoletto » à base de caramel au
beurre salé, et au contraire un Yquem jeune avec un chocolat noir aux agrumes,
comme « Andalousie » dont la ganache est parfumée au citron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de ce qui est gastronomique n'est donc étranger à Yquem et c'est ce
qui, en dernière instance, fait aussi la suprématie d'un vin né pour séduire
aussi bien au cours d'une dégustation solitaire que dans le chatoiement d'un
repas aux multiples bouquets. Aucune association ne lui est interdite, aucun
compagnonnage ne lui est étranger. Il suffit seulement qu'au génie du vin
réponde celui d'un grand cuisinier pour que le miracle, à nouveau, se produise
et que Yquem se sublime dans la gastronomie, tel un arc en ciel dans l'azur des
saveurs}}&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.alimentationgenerale.fr/post/2008/01/05/Yquem-Mais-avec-le-poulet-frites-bien-sur2#comment-form</comments>
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    <title>Alimentation générale</title>
    <link>http://blog.alimentationgenerale.fr/post/2007/03/31/Alimentation-generale</link>
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    <pubDate>Sat, 31 Mar 2007 09:26:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Pierre Rival</dc:creator>
        <category>Alimentation générale</category>
        <category>Alimentation générale</category><category>Chroniqueur gastronomique</category><category>gastronomie</category><category>Pierre Rival</category><category>Prix Metro</category><category>roman gastronomique</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.alimentationgenerale.fr/public/./.Alim_gene_07_s.jpg&quot; alt=&quot;L'auteur&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Rival est journaliste, écrivain et chroniqueur gastronomique.
Alimentation générale est le journal de bord de ses découvertes, de ses coups
de foudre et de ses aventures en matière culinaire. C'est aussi le titre du
roman - paru le 4 mai 2007 aux Editions Flammarion - où il raconte les
tribulations d'un chroniqueur gastronomique, Paul Rebell, de bouibouis en
grands restaurants, à la recherche du seul plat dont on peut abuser sans
indigestion, l’amour . Alimentation générale a reçu le Prix Metro 2007 du
meilleur livre de littérature gastronomique&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.alimentationgenerale.fr/public/./.alimentation_generale_m.jpg&quot; alt=&quot;Alimentation générale&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Quels rapports peuvent bien avoir entre eux chroniqueur gastronomique sans
le sou, une cover-girl anorexique fiancée à un pacha turc, une veuve chinoise
centenaire mais qui a l’air d’avoir vingt ans, une urgentiste en psychiatrie à
l’hôpital Bichat et un rabbin berbère de la vallée du Dra ? ''&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;« Alimentation générale »…&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Extrait&lt;/ins&gt; : &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Paul Rebell aime la tête de veau.
Moins les sauces qui l’accompagnent et prétendent la relever. La ravigote,
tonique comme un café-calva avec sa pointe de vin blanc et de vinaigre, lui
paraît un peu chienne, la gribiche, à l’onctuosité de grasse matinée dans des
draps salis par les câpres, vulgaire. Seule la tortue a droit à ses faveurs,
sans doute parce qu'il a toujours eu un faible pour les dames mûres, et que le
madère lui rappelle le sillage de ces parfums aux fragrances de patchouli dont
parfois elles s'aspergent. Non, s’il a pour la tête de veau une prédilection
particulière, cela tient d’abord aux associations immédiatement sexuelles que
la texture des abats de ce plat lui inspire. Savoir, du chef au cou de
l’animal, la cervelle, molle et fondante comme une poche de sperme, la langue,
crayeuse comme un mont de Vénus, les joues, charnues et mobiles comme de jeunes
seins au port insolemment droit, et les oreilles, les oreilles surtout,
craquantes comme le rétrécissement des jupes et l'apparition des cuisses au
printemps. Les femmes, pourtant, il les a toujours soupçonnées d’éprouver du
dégoût pour ce mets, un rejet instinctif, primaire, brutal, en raison même de
sa connotation érotique. Et il a toujours tenu pour des gourmandes à
tempérament celles d’entre elles qui acceptaient de le partager avec lui. À
commencer par Emeline...&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lire la suite :
http://www.amazon.fr/Alimentation-g%C3%A9n%C3%A9rale-Pierre-Rival/dp/2081203324&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Parigot, tête de veau</title>
    <link>http://blog.alimentationgenerale.fr/post/2007/03/28/PARIGOT-TETE-DE-VEAU</link>
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    <pubDate>Wed, 28 Mar 2007 19:52:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Pierre Rival</dc:creator>
        <category>Restaurants</category>
        <category>Grand Vefour</category><category>Le Ribouldingue</category><category>Oum el Banine</category><category>Tete de veau</category>    
    <description>&lt;p&gt;Petit panorama des meilleures têtes de veau à Paris. &lt;img src=&quot;https://blog.gandi.net/media_item.php?id=135487&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;On ne rendra jamais assez hommage à Louis XVI d'avoir, le 21 janvier 1793,
offert sa tête au peuple français pour permettre l'avènement du suffrage
universel. Surtout en ces temps d'élections. La meilleure façon d'honorer sa
mémoire consiste à manger de la tête de veau le jour anniversaire de son
exécution. Telle est du moins la tradition républicaine que Gustave Flaubert
nous enseigne dans L'éducation sentimentale : «C'est une importation
anglaise. Pour parodier la cérémonie que les royalistes célébraient le 30
janvier {jour de la décapitation du roi Charles 1er, une autre victime de la
démocratie}, des Indépendants fondèrent un banquet annuel où l'on mangeait des
têtes de veau, et où on buvait du vin rouge dans des crânes de veau en portant
des toasts à l'extermination des Stuarts. Après Thermidor, des terroristes
organisèrent une confrérie toute pareille, ce qui prouve que la bêtise est
féconde». Je suis donc un terroriste, puisqu'avec mes amis du Club de la Tête
de Veau, je me livre tous les ans à ce rituel. En fait, les sans-culottes
savouraient une tête de cochon. Ce n'est pas l'un des moindres mystères de
cette cérémonie que cette substitution de la tête de cochon par la tête de
veau. J'y vois, pour ma part, une forme d'hommage posthume au souverain dont
une biographie récente nous apprend qu'il n'était pas si sot ni si mauvais
homme que la vulgate historique veut bien nous le faire croire 1. En tant que
brigadier perpétuel du Club, ma tâche est de sélectionner la meilleure tête de
veau pour l'offrir en pâture aux mandibules de mes commensaux. Rude tâche, car
les membres du Club ne se se paient pas de mots. Ils la veulent entière et,
comme je les ai trop gâté, ils ne se contentent pas d'une vulgaire gribiche ou
d'une banale ravigotte. La sauce tortue, appelée ainsi car elle mélange au
Madère les herbes favorites de ce gastéropode, trouve tout juste grâce à leurs
yeux. Ces grands blasés veulent du neuf. Aussi, cette année, sommes-nous allés
au Grand Vefour. Cher, direz-vous. Mais le menu de midi, à
« seulement » 75 €, offre l'une des meilleures tête de veau qu'il
m'ait été donné de goûter. Guy Martin enrobe la langue et l'oreille dans une
rondelle de joue, sert sur le côté la cervelle panée dans une raviole au
basilic, superpose à ce salmigondis de viandes un tapis d'herbes à la fraîcheur
de cressonnière, et lie le tout avec une réduction où l'huile d'olive et le
citron jouent à la marelle sous le soleil. Royal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vois d'ici la mine dégoûtée de mes lectrices. Les abats, les bas morceaux
ne sont guère en faveur dans la gente féminine. Seules, quelques gourmandes
partagent avec leurs compagnons ce goût de la fressure, comme on nommait
autrefois les viscères. Pourtant, à l'Apport de Paris, sur l'actuelle place du
Châtelet, le commerce de tripes était privilège de femmes. Elles arboraient un
long couteau à la ceinture et débitaient, dans un bassin de cuivre, le foie, le
gras-double, les pieds, les têtes et les langues. C'est ma consoeur Michèle
Villemur qui me le rappelle dans un livre de recettes, Plats canailles2, où
elle a demandé à 47 chefs de lui livrer leurs secrets pour accomoder ce
«cinquième quartier de noblesse» dont s'affublait les tripières. Parmi les
adresses dont elle fait cas, il y en a une, nichée au coeur du Quartier Latin
dans une rue bien moyen-âgeuse, où ce sont deux femmes encore qui
officient : Nadège Varigny, une ancienne de La Régalade,en salle, et Sarah
Baraudon aux fourneaux, toute jeune et toute frêle, mais qu'il ne faut pas
prendre pour une blonde, même si elle arbore un joli casque d'or, car elle sort
de chez Hélène Darroze. Le Ribouldingue, à son menu carte à 27 €, n'affiche que
des tripes. Rognons blancs – dits encore « animelles », « frivolités
de la Reine » ou plus trivialement testicules –, cervelles, rognons,
têtines, ici on ne fait pas dans la dentelle, ou plutôt si, vu que ces mets ont
la délicatesse du point d'Alençon. Avec un ami, je m'en suis mis plein les
joues...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A propos de tête de veau, en voilà une qui vient de loin. De la Bible
exactement; où elle apparaît dans Genèse 18, offerte par Abraham à deux envoyés
de Dieu dans son campement de Mambré. Si vous voulez savoir à quoi ressemblait
ce plat primordial, vous pouvez aller goûter la recette marocaine au restaurant
Oum El Banine, chez Ahmed Termidi, autrefois maître d'hôtel au Jamin de Joël
Robuchon. La tête, posée sur son lit de semoule d'orge, garnie par les sept
légumes du couscous, baigne dans une sauce tomatée et pimentée. Divin, bien
entendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Grand Vefour, 17 rue Beaujolais, Paris 1er Tél. : 01 42 96 56 27 Le
Ribouldingue, 10 rue Saint Julien le Pauvre, Paris 5ème Tél : 01 46 33 98
80 Oum El Banine, 16bis rue Dufrenoy, Paris 16ème Tél. : 01 45 04 91
22&lt;/p&gt;</description>
    
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  <item>
    <title>Le Marathon de New-York</title>
    <link>http://blog.alimentationgenerale.fr/post/2007/03/28/Le-Marathon-de-New-York2</link>
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    <pubDate>Wed, 28 Mar 2007 19:30:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Pierre Rival</dc:creator>
        <category>Voyages</category>
        <category>Albert Nahmias</category><category>Atelier Robuchon at The Four Seasons</category><category>Chroniqueurs gastronomiques</category><category>City meals on wheels</category><category>Cru</category><category>Daniel</category><category>David Bouleys test kitchen</category><category>Del Posto</category><category>Gael Greene</category><category>Jean-George</category><category>Jonathan Reynolds</category><category>Le Bernardin</category><category>Momofoku Noodles Bar</category><category>New York</category><category>Nina Zagat</category><category>Perry Street</category><category>Porter House</category><category>Spice Market</category><category>The Modern</category><category>Tim Zagat</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.alimentationgenerale.fr/public/NYork046resized.jpg&quot; alt=&quot;Running on the rain&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous étions huit, huit chroniqueurs gastronomiques français venus courir le
marathon de New York. Un marathon d’un genre spécial : vingt restaurants
en quatre jours, du 6 au 9 janvier dernier, soit cinq restaurants par jour.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Il s’agissait de venir à bout de cette hydre de mer : existe-t-il un
style de cuisine américaine ? Pour nous servir de guide, Albert Nahmias,
ancien restaurateur lui-même (« Olympe », les rescapés des années 80 se
souviennent de ce bouiboui où l’ont croisait le tout Paris), un pied dans la
Grande Pomme, l’autre dans Paname. Et, au gré de nos repas, des confrères de la
presse new-yorkaise… Nous nous observions du coin de l’œil, tel des concurrents
sur la grille de départ. Lequel d’entre nous allait tourner de l’œil pour cause
de décalage horaire, partir en vrille faute d’avoir modéré sa prise de
champagne, succomber à une indigestion explosive ou à une occlusion
intestinale ? Nous partions avec, pour seul viatique, le manuel de survie
du dégustateur averti : grignoter du bout des lèvres, se rincer l’œil plus
que le gosier, gérer la trajectoire des calories avec l’économie d’un skieur
slalomant entre les amuse-bouches et les desserts. Déjà, Jean-Claude Ribaut du
« Monde » avait déclaré forfait : «Tu comprends »
m’avait-il dit, « Je ne vois pas l’intérêt de ce genre de Paris Dakar de
la bouffe. Pour moi, la gastronomie, c’est d’abord un moment de convivialité ».
« Petit bras », avait traduit Albert Nahmias, «Tout ce qu’il veut, c’est
rester assis, de midi à cinq heures, à discuter avec les copains. »
N’empêche qu’il restait quelques sérieuses machoires en compétition :
Gilles Pudlowski du « Point », Jean-Louis Galesne des « Echos »,
Agnès Lascève de « Gault et Millau», Michel Creignou de « Elle à
table » ou encore Véronique André de « Madame Figaro ». Sans compter
les outsiders : Jean-François Chaigneau de « Paris Match » ou
Jean-Pierre de Lucovich de « Monsieur ». Des professionnels, abattant,
pour certains, leurs cinq cent restaurants par an, dont le favori, Gilles
Pudlowski que ses guides plaçaient nettement en tête du peloton. On allait voir
ce qu’on allait voir, et tous ces messieurs dames de la presse gastronomique
française, dont le signataire de ces lignes, entendaient bien ne pas s'en
laisser compter par l'équipe américaine. Tels les aventuriers de la
« Chasse au Snark » de Lewis Caroll nous marchions, «armés de
fourchettes et d'espérance»...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Justement, les premiers concurrents locaux faisaient leur apparition à
« The Modern », le restaurant du Moma, ouvert par Danny Myers, un des
Frères Blanc de la restauration new-yorkaise avec ses brasseries populaires,
telles « Grammercy Tavern » ou « Union Square Cafe ». « The
Modern » se veut au diapason du musée dont il est le porte-drapeau
culinaire, avec un décor design où dominent les tons vert, framboise écrasée et
crème, et qui reste assez intime en dépit de la hauteur de ses plafonds.
Gabriel Kreuther, le chef d'origine alsacienne, avait déjà une belle carrière
derrière lui, en Suisse et en Allemagne, au moment où il est venu s'établir à
New-York en 1997. La réouverture du Moma lui a mis le pied à l'étrier avec une
cuisine dans l'esprit du jour, minimaliste et gourmande, un peu aventureuse
quand il mélange oeuf de ferme, homard, salsifis presque crus et gelée
d'oursins. A notre table, deux chroniqueurs américains s'étaient matérialisés,
Gael Greene de « New York Magazine », et Jonathan Reynolds du « New
York Times ». La première excentrique et flamboyante, le second réservé et
intellectuel, ils reformaient à nos yeux jet-lag (et à leur insu) le couple
Marylin Monroe - Arthur Miller. Jonathan Reynolds est un auteur de pièces de
théâtre qui a connu son quart d'heure de gloire avec le scénario du film
« Ma belle-mère est une extra-terrestre ». Ses pièces se jouent off-off
Broadway, il écrit sur la nourriture. Le titre de son dernier livre, paru cette
année, dit tout : « Corps à corps avec la gravy »1. La sauce brune au
jus de viande pourrait être le symbole de beaucoup de choses : le mauvais
goût anglo-saxon en matière alimentaire, la vie dans sa viscosité brutale, un
embouteillage sur les autoroutes intestinales... Jonathan Reynolds y dessine,
tel un Turc lisant son destin dans le marc de café, les délinéaments d'une
existence où bien manger permet de se consoler de toutes les blessures. Face
aux féroces collectionneurs de restaurants de notre bande, son spleen raffiné
en faisait un adversaire négligeable, mais un compagnon de qualité. Nous
l'adoptâmes de bon coeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Gael Greene, il en allait d'une autre paire de manches. Avec ses
chapeaux de casta diva, cette fausse « dumb blonde » est le prototype
même de la grande gourmande, capable dans le même mouvement de croquer un petit
four et le chef qui l'a préparé. Elle a d'ailleurs un certain nombre de
cuisiniers épinglés à son tableau de chasse, de Jean Troisgros à Roanne à
Gilbert le Coze à New-York, sans compter les amourettes avec Elvis Presley et
quelques autres figures du show-business. Elle ne cache rien de cet appétit
pour le sexe et la table dans un livre de mémoires qui a fait son petit plouf
dans le monde de la gastronomie, « Insatiable »2. Critique depuis 1968,
elle n'était pas du genre à se laisser facilement bluffer et nous considérait
déjà, de derrière sa voilette, comme une troupe d'amateurs arrogants venus, de
leur lointaine province, narguer la capitale du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, nous nous dirigions vers le sud de Manhattan, ou après quelques
hors-d'oeuvres dans un indien et un japonais, le chef David Bouley nous
attendait dans sa «test kitchen», un loft si tendance que même le mot tendance
ne traduit qu'à moitié l'effet de cet espace mi-cuisine, mi-bibliothèque où une
brigade moitié-française, moitié japonaise, s'affaire autour d'un piano Bonnet
dernier cri comme une équipe d'ingénieurs de la NASA autour d'une capsule
spatiale. Les lointaines origines françaises de David Bouley ne doivent pas
faire illusion. Voilà un homme d'affaires bien new-yorkais qui a construit un
petit empire regroupant une boulangerie, deux restaurants, un marché de
produits alimentaires et ce laboratoire. Car David Bouley est en recherche
comme en témoigne cet oursin, caviar de saumon, caviar osciètre servi sur une
gelée de yuzu et un nuage de sorbet de pomme qu'il nous proposa en guise
d'entrée. Le goût acidulé du yuzu écrasait toutes les autres saveurs, et nous
nous accordâmes avec Gael Greene pour reconnaître que ce plat expérimental
méritait encore quelques ajustements. On en profita pour faire mieux
connaissance. Gael Greene n'est pas seulement une sybarite. Elle a fondé, il y
a 25 ans, « City Meals on Wheels », une organisation charitable qui sert
chaque année 2,5 millions de repas aux personnes âgées de la ville. Les
« charities » qu'elle donne pour lever des fonds attirent le gratin
et lui permettent d'engranger près de 20 millions de dollars, avec le soutien
des chefs new-yorkais et de Moet &amp;amp; Chandon. Autant dire qu'elle sait marier
le futile à l'humanitaire. D'ailleurs, de la voir, le lendemain, si à l'aise
dans le cadre fastueux de « l'Atelier Robuchon » du « Four
Seasons » de la 57ème rue, suffisait pour comprendre que Gael Greene
n'était pas une journaliste comme nous autres – si ce terme peut s'appliquer à
l'activité des critiques culinaires – mais qu'elle appartenait au petit cercle
des « people », en somme, une Stéphane Bern de la gastronomique. Elle nous
en fit les honneurs comme si Joel Robuchon n'avait pas mis au point la formule
à Paris. C'est à cette occasion que s'éleva, entre nous, le premier différend.
L'atelier, bien sûr, nous le rangions dans la catégorie cuisine française,
comme nous avions classé « Momofuku Noodle Bar » où nous avions pris
peu avant, en guise d'en-cas, un bun façon street food à Séoul, dans celle de
la cuisine coréenne contemporaine. Gael Greene nous détrompa d'un ton
péremptoire. L'un et l'autre appartenaient de droit à la cuisine américaine,
pour la bonne raison que ces restaurants étaient situés à New-York et que leurs
chefs étaient dotés d'une « green card ». Nous nous récriâmes mais elle
n'en démordit pas. Pour elle, avec cette simplicité assimilatrice des grandes
pratriciennes, à la fois dames d'oeuvres et power women, la cuisine du monde
appartenait à l'Amérique, pays d'immigration et donc de melting pot
culinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le malentendu persista pendant tout notre séjour. Daniel Boulud, de
« Daniel », prototype de la cuisine contemporaine lyonnaise à New-York et
hôte raffiné de tout ce que l'Upper East Side compte de gentry ?
Américain... Eric Ripert, du « Bernardin », le plus raffiné des
restaurants français à Manhattan, et l'introducteur aux Etats-Unis de la
nouvelle « nouvelle » cuisine française ? Américain... Mais pour
faire bonne mesure et pour ne pas froisser nos petits egos surdimensionnés,
Gael Greene s'empressa de ranger sous la bannière étoilée Mario Battali et son
« Del Posto » dans l'East Village à la cuisine pourtant si enracinée
dans les traditions culinaires de l'Italie du sud et notamment des Pouilles, ou
encore Masaharu Morimoto dont le restaurant du même nom s'ingénie pourtant à
sortir la cuisine nipponne des ornières d'une empreinte trop californienne.
Nous ne lui concédâmes que Jean-Georges Vongerichten, cet alsacien volant dont
le génie, si conforme à celui de New-York, consiste précisément à emprunter aux
cuisines du monde un bariolage de saveurs pour les reproposer aux palais
cosmopolites des new-yorkais dans une version world,. Son « Perry Street
», au rez-de-chaussée de l'un des deux petits immeubles minimalistes des bords
de l'Hudson où se sont réfugiés Nicole Kiddman et Calvin Klein, offre ainsi une
interprétation un rien Ikéa de la cuisine japonaise, tandis qu'à deux pas de
là, dans le Meat District, le « Spice Market », un loft décoré des
dépouilles de ses voyages en Asie du Sud-Est et en Inde lui permet de recycler
curries et satay dans une version très hip-hop de la cuisine de rues des
métropoles asiatiques. Mais à son meilleur, au « Jean-George », dans son
fief de l'Upper West Side, on retrouve l'impeccable classicisme d'un chef formé
par Paul Bocuse et qui n'a rien oublié des « basics » de la grande
cuisine... française.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'où venait alors cette perception d'une galaxie food dont New-York serait
le soleil ? Gael Greene se chargea elle-même de nous donner la réponse, au
cours du petit colloque d'étape que notre cicerone, Albert Nahmias, avait
organisé à mi-parcours à l'Hôtel Warwick, comme une journée de repos dans le
Tour de France. En présence du gratin de la chronique gastronomique américaine
– Tim et Nina Zagat du guide du même nom, Jeffrey Steingarten de « Vogue
», etc. -, elle se laissa aller à une diatribe sur l'absence de représentants
des cuisines régionales américaines à New-York. Comme si, elle réalisait
soudain que ce big bang de la restauration à New-York s'établissait sur le
refoulement d'une cuisine vraiment américaine, une cuisine de terroirs dont la
naissance du mouvement des fermiers « organiques » aux Etats-Unis
signale pourtant la possibilité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant; notre petite troupe harassée se retrouvait enfin dans un
véritable restaurant autochtone. Michael Lomonaco, rescapé du « Windows of
the World » en haut des Twin Towers, a ouvert dans le Warner Building un
Steak House, « Porter House », dont l'exotisme nous frappa par son
authenticité. Cet homme disert et aimable mettait enfin dans nos assiettes des
plats vraiment américains. Au niveau viande, les impeccables côtes de boeuf
rassies trente jours dans leur jus avant d'être livrées au feu de l'enfer d'un
grill porté à 2000° centigrades, côté légumes d'impeccables petites garnitures
à base de légumes bios apprétés dans la grande tradition de la « comfort
food », ce répertoire des recettes des premiers immigrants et qui, font des
Etats-Unis, le voudra-t-on ou pas, le conservatoire des recettes les plus
traditionnelles de la cuisine rurale européenne. Avec cela, un sens de
l'accueil et de l'hospitalité vraiment « grand » firent de ce court
passage un moment de découverte gastronomique. Mais il n'était plus temps. Les
huit chroniqueurs gastronomiques français voyaient déjà se profiler à l'horizon
l'épreuve du passage des contrôles de sécurité à JFK Airport. Les mines
chiffonnées, les estomacs tourneboulés, les cerveaux passés au mixer, nous nous
traînames encore dans une dernière table, « Cru » dont la cave est
l'une des mieux fournies au monde (Yquem 1937, Margaux 1945, Romanée Conti
1964). Encore une louche de caviar, encore un peu de homard. Nos estomacs
criaient merci, nos mines de carton d'emballage faisaient peine à voir. Dans le
bus qui nous ramenait à l'aéroport, un des nôtres eut une attaque de colique.
Le reste de l'équipe paraissait avoir pris cinquante ans de plus. Gael Greene,
sur le trottoir, agitait la main, gaillarde, comme pour saluer les derniers
survivants d'un Dien Bien Phu en rase campagne. Elle avait incontestablement
gagné la première manche. Mais nous l'attendions à Paris, pour la revanche qui
se courra, promis juré, l'année prochaine, et où nous lui ferons subir le même
sort. « Bollinger 1996 ? » nous proposa l'hôtesse d'Air France, alors
que l'avion roulait déjà sur le tarmac. Non merci...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Adresses et contacts des restaurants cités&lt;/strong&gt; Voir Annexe
ci-dessous&lt;/p&gt;</description>
    
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  <item>
    <title>Les restos à Londres ? Bof...</title>
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    <pubDate>Thu, 23 Feb 2006 14:17:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Pierre Rival</dc:creator>
        <category>Voyages</category>
        <category>Berry Bros Rudd</category><category>Gordon Ramsay</category><category>Guy Savoy</category><category>Heston Blumenthal</category><category>Jérome Duponchelle</category><category>Londres</category><category>The Boot and Flogger</category><category>The Fat Duck</category><category>William Blake</category><category>Wiltons</category>    
    <description>&lt;p&gt;Londres, capitale mondiale de la gastronomie ? A en croire Gourmet, la
« Bible des gastronomes américains » (sic !), Londres serait
« L’endroit au monde le plus excitant pour manger. » Fin de la
citation. Ce critère de l’excitation laissera sceptique ceux qui pensent que
rien ne vaut le calme pour apprécier correctement les saveurs. Mais là n’est
pas le hic, ou plutôt si… Car la hype autour des restaurants londoniens relève
bien de ce phénomène d’autosuggestion qui conduit, de manière récurrente, les
anglo-saxons à s’enthousiasmer pour leurs propres classements, bâtis sur des
critère de notoriété où le marketing compte plus que la substance. On l’a vu
dans le vin où les notes d’un Robert Parker, basées sur un palais particulier,
ont fini par dénaturer celui d’une génération entière de dégustateurs. Le fait
se reproduit aujourd’hui dans la gastronomie, avec cette emphase mise sur la
scène londonienne, longtemps décriée, érigée aujourd’hui au rang de Mecque de
la « nouvelle, nouvelle, nouvelle cuisine. » Nouvelle cuisine ?
Ou nouvelle duperie au pays dont les habitants sont les plus accros au monde à
la... fast-food.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Il est vrai que l’engouement pour le fait alimentaire s’apparente,
Outre-Manche, à un véritable phénomène de société. Comme si les Anglais
sortaient enfin de la période des tickets de rationnement, soixante ans après
la fin de la guerre. On s’étonnait, au pays dont la seule contribution à la
gourmandise a été l’invention du sandwich (et les savouries, soyons juste), que
les Français, ces mangeurs de grenouilles, considèrent la gastronomie comme une
partie intégrante de leur culture. On ne craint plus aujourd’hui à Londres
d’envisager la gastronomie comme un Art (A majuscule). Enthousiasme de néophyte
qui fait plaisir à voir. Ipso facto, les chefs britanniques ont été promu au
rang d’artistes ou plutôt de présentateurs télévisés (Mais peut-être que pour
les Britanniques, c’est la même chose). Ainsi, sur Channel Four, après le
succès de son émission de télé réalité, on peut voir Jamie Olivier apprendre
aux enfants à manger sain : c’est Jamie’s School Dinner. Sur la BBC, John
Torode, propriétaire du complexe de restaurants Smiths of Smithfield et le
maraîcher Gregg Wallace, fournisseur des principales tables de Londres, testent
les apprentis maîtres-queux dans Master Chef . Et sur ITV, Gary Rhodes, le
patron de Rhodes 24 dans la City et Jean Christophe Novelli, le Français qui a
mis Londres à l’heure de la brasserie, arbitrent les essais culinaires de deux
brigades venues subir les feux de l’enfer : Hell’s Kitchen. Ces émissions
en apprennent moins sur la cuisine que sur l’incroyable talent des Anglais à
recycler la moindre de leur tocade en purée pour le petit écran. Des programmes
qui, soit dit en passant, se laissent voir sans déplaisir, par exemple en
mangeant des snacks affalés sur son divan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vérifions donc ce qui se cache sous cet emballage. Première constatation,
qui ne surprendra guère : Londres, a défaut d’être une capitale de la
gastronomie, en est une des restaurants. Il s’en ouvre, il s’en ferme, il s’en
lance, il s’en débine, la variété ethnique fleure bon la mondialisation et,
telle une nouvelle Carthage, la cité des brumes attire un personnel de qualité
qui vient ici perfectionner son anglais et profiter de la livre sterling. Dans
le domaine qui est le nôtre – les tables italiennes et celles des diverses
écoles culinaires du sous-continent indien mériteraient un billet à part -
notons déjà la prédominance en salle de l’élément français. A 90%, dans tous
les restaurants étoilés Michelin où nous avons posé notre postérieur, maitres
d’hôtel, chefs de rang, et dans une large part, sommeliers, venaient de France.
Comme pour le football, donc, les joueurs qui font le spectacle sortent des
écoles de l’Hexagone. Significatif, mon cher Watson ! Mais mieux
encore : risquons un œil dans les cantines vénérables, les clubs où la
gentry vient communier dans la célébration des produits de la vieille
Angleterre. Si, si, il y en a : le cheddar, l’huître de Colchester, la
grouse, la sole de Dover, fermez le ban. Wilton’s par exemple, à deux pas de
Saint James Street et du magasin Fortnum and Mason’s, le Fauchon londonien. De
charmantes dames en tabliers de dentelle vous servent dans des boxes où ont
conféré Churchill et Kim Philby, Margaret Thatcher et la princesse Anne (non,
pas Diana, ça serait trop vulgaire). En 1742, c’était un bar à huitres pour le
populo, aujourd’hui on y voit plutôt de discrets banquiers. Plus british tu
meurs. Sauf le chef : lui vient de Rouen, la ville, il est vrai, où l’on a
brulé Jeanne d’Arc. Mais quand même, ça fait un drôle d'effet. Sauf si on se
rappelle que, après Waterloo, ce fut le grand Carême qui initia l’aristocratie
anglaise à la gastronomie. Une prise de guerre, sans doute. D’ailleurs, Jérôme
Duponchelle, le chef de Wilton’s, ne déroge pas à la règle. Il appartient à
cette grande tradition de cuisiniers français qui ont su apprivoiser la matière
culinaire un peu revêche des iles britanniques et en tirer le meilleur parti,
grâce à un savoir-faire acquis sur le continent. Elève de Michel Bourdin,
encore un français, chef des cuisines du Connaught à la meilleure époque de ce
palace, il n’a pas son pareil pour mettre en valeur de beaux produits avec une
science consommée des cuissons et surtout sans esbroufe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n’en dirons pas autant de Gordon Ramsay. La carrière de cet écossais,
ex professionnel de football aux Rangers de Glasgow, a démarré sur les chapeaux
de roue. Chef de partie au Maxim’s de Londres à une époque où même à Paris
cette institution était en perte de vitesse, Gordon Ramsay complète sa
formation par des stages express chez trois pointures françaises : Michel
Roux du Gavroche de Book Street, Joël Robuchon et Guy Savoy. Il juge alors
qu’il en sait assez et se lance dans le Londres gastronomiquement endormi du
début des années 90. L’apparition de ce météore plonge les critiques
britanniques dans le ravissement : ils tiennent enfin un djinn national de
la cuisine. On lui pardonne tout : son mauvais caractère, ses saillies
médiatiques et son côté plébéien. Issu en droite ligne de la « nouvelle
cuisine » française, il fait découvrir à ses compatriotes le poisson cuit
à l’arête, les déclinaisons de foie gras et les amuses bouches à la cuillère.
Pas de quoi fouetter un chat. Mais cela lui vaut trois étoiles à l’édition
britannique du Michelin en 2001. Depuis, sa petite entreprise prospère. Outre
le restaurant à son nom à Chelsea, il opère aussi dans la salle à manger du
Claridge’s et a placé des protégés aux restaurants du Connaught et du Savoy,
sans compter le Petrus, réputé pour être le restaurant le plus cher de Londres.
Gordon Ramsay pourrait être un Alain Ducasse mais il lui manque, à notre sens,
l’essentiel. Sa cuisine, pour qui connait un peu la gastronomie, sent le
réchauffé. On a déjà mangé du Gordon Ramsay à Saulieu chez Loiseau, à Mionnay
chez Alain Chapel, à Roanne chez les frères Troisgros. Et surtout, à Paris chez
Guy Savoy. Sauf que Gordon Ramsay, c'est la carte de Guy Savoy d'il y a quinze
ans, qu'il nous sert. En somme, Gordon Ramsay est peut-être un grand
professionnel de la restauration mais à sa collection d’étoiles, il manque la
principale : l’étoile d’une inspiration vraiment originale. Comme beaucoup
de jazzmen blancs, cet excellent technicien n’a pas d’âme. &lt;em&gt;He has the
technics, he don't has the soul...&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de nous la tentation de céder à l’arrogance d’un english bashing pur et
dur. Nous savons reconnaitre un authentique talent, fut-il d’Albion.. Il y a à
Londres de bons cuisiniers anglais, la nationalité ne faisant d’ailleurs rien à
l’affaire, et même, nous ne craindrons pas de le crier sur les toits, un
authentique génie. Une hirondelle ne fait pas le printemps, et il coulera
encore beaucoup d’eau sous la Tamise avant que Londres ne devienne la capitale
mondiale de la gastronomie. Mais reconnaissons que Heston Blumenthal entre dans
la catégorie des chefs exceptionnels, ceux qui contribuent vraiment à
l’évolution de la cuisine. Ce n’est d’ailleurs peut-être pas un hasard si son
établissement, le Fat Duck, est situé à une trentaine de kilomètres du centre
de Londres, dans un ancien pub, loin de tout le fuss de la grande ville. Heston
Blumenthal a eu un parcours original. Avant d’être restaurateur, il était
client. Son père lui fait découvrir la cuisine provençale à l’Oustau de
Beaumanière de Jean André Charrial et, tel Saint Paul à Damas, notre héros y
éprouve une sorte d’éblouissement : la rencontre avec une cuisine de
sentiment et de soleil. Il reviendra alors régulièrement en France faire la
tournée des grands ducs. C’est sans doute, pour un habitant des iles
britanniques où l’agriculture subsiste à l’état résiduel, la meilleure manière
de s’initier. Notre sybarite s’est formé la bouche avant de se former la main.
En même temps il se plonge dans les livres de cuisine et apprend le français en
traduisant les recettes. Homme de goût, c’est donc aussi un homme de culture.
Les chefs français disposent de cet avantage incomparable : ils sont nés
dedans. C’est plus facile, et c’est injuste. Blumenthal, à sa façon, et par la
grâce de son ouverture d’esprit, a rattrapé son handicap. Il lui reste à
maitriser la technique. Il le fera de manière originale en se confrontant aux
travaux de Harold McGee’s, chimiste et pionnier, - avant Hervé This - d’une
approche moléculaire de la cuisine. En l’an 2000, il est prêt et son pub où
n’était servie que de la cuisine de bistrot devient un restaurant de haut vol,
récompensé au bout de trois ans par la plus haute distinction du Michelin. Car
l’originalité de Helton Blumenthal ne réside pas dans le côté expérimental de
sa cuisine, même s’il est un adepte des cuissons lentes et autres pacojet. Ce
n’est pas sur son fronton qu’on pourrait poser la pancarte « laboratoire
». Il s’agit ici moins de surprendre par l’excentricité des contrastes que de
trouver de nouvelles associations. Un risotto de choux fleur à la gelée de
chocolat par exemple, ou un ragout de filet de porc accompagné d’un gratin de
macaronis farcis à la truffe, côté « classique ». Un porridge d’escargots,
jamon iberico, cerise et fenouil râpé ou une glace aux œufs, lard fumé, pain
perdu et gelée de thé, côté « avant-garde ». Il y a de la poésie et de
l’harmonie dans cette cuisine, comme il y a de la tragédie et du désordre dans
celle d’un Pierre Gagnaire auquel Blumenthal fait un peu penser. Disons, pour
faire court, que ce self made cook tient, par ses racines, à la poésie
bucolique – et parfois noire - d’un William Blake.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le nom de ce poète singulier vient sous notre plume, ce n’est pas par
hasard : comme Blake, Helton Blumenthal est un coureur solitaire. Le
charme de sa petite musique ne doit pas nous faire oublier que le « style
international » de la grande cuisine reste déterminé, pour de longues
années encore, par le travail de systématisation des gouts produit par les
cuisiniers français depuis plus de deux siècles. Des innovations comme la
cuisine moléculaire ou les cuissons basse température ont été aussi assimilés
en France et ne changent pas fondamentalement la donne des canons esthétiques
et techniques de la gastronomie. Après, tout est affaire de talent… Et de
culture aussi. Et sur ce point, tant que la mystique des produits et de
l’appellation d’origine restera une particularité gallicane, et plus
généralement méditerranéenne, tant que la cuisine constituera également
l’élément identitaire le plus fédérateur des turbulentes tribus françaises
(tout le monde ne peut pas avoir un Roi), les cuisiniers français conserveront
leur avantage comparatif. C’est pourquoi il nous parait prématuré encore, chers
amis anglais, de décerner à Londres le titre de capitale de la gourmandise. Le
fruit d’un hold-up, même médiatique, ne constitue pas un titre de
propriété.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, Londres reste une ville agréable du point de vue de la bouche.
Pour ma part, plutôt que des restaurants prétentieux et chers, je privilégierai
les wine bars, authentique invention londonienne du temps de la grande période
de créativité de cette métropole, les années soixante. The Boot and Flogger par
exemple, à Southwark, un « free vintner » (c'est à dire une cave à
vin) établi en 1963, et où l'on déguste de très beaux flacons avec une cuisine
de pub sans prétention. J'y ai arrosé d'un Léoville Barton 1983 une assiette
d'abats de poulets, et une sélection de fromages anglais d'un somptueux
riesling spättlese d'Egon Mûller 2002, et le roi n'était pas mon cousin.
Rendez-vous de financiers qui y traitent leurs affaires un peu à l'écart de la
City, cet endroit perdu au milieu d'improbables entrepôts est un véritable club
de gentlemen. J'entend par là, des amateurs de vins fins, de vins ciselés et
rafraichissants, délicats et profonds et non opulents et tape-à-l'œil comme il
s'en fait tant aujourd'hui, sous l'influence des notateurs du Nouveau Monde.
Alors, oui, nous reconnaitrons cette supériorité à Londres :
l'aristocratie britannique - pas les bobos, qui en sont à découvrir les cépages
- peut en remontrer à quiconque en matière de connaissance et d'appréciation du
vin. C'est à Londres qu'ont eu lieu, sous la houlette de Michael Broadbent de
Christie's, les premières ventes aux enchères de vieux millésimes. A Londres
aussi que se trouve la plus ancienne cave à vins au monde, et l'une des mieux
fournies : Berry Bros &amp;amp; Rudd. Alors, autant nous n'irons pas prendre
de leçons de gastronomie chez nos voisins, autant nous ne craindrons pas
d'affirmer que Londres reste pour le vin, ce que Paris est à la bouffe :
une capitale mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Wilton’s, 55 Jermyn Street, London SW1Y 6LX, Tél. : +44 (0) 20 7629
9955&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Gordon Ramsay, 68 Royal Hospital Road, London SW3 4HP, Tél. : + 44 (0)
20 7352 4441&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;The Fat Duck, High Street, Bray, Berkshire SL6 2AQ, Tél: +44 (0) 1628 580
333&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;The Boot and Flogger, 10-20 Redcross Way, London SE1 1TA, Tél. : + 44
(0) 20 7407 1184&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Berry Bros &amp;amp; Rudd, 3 St James's Street, St James's, London, SW1A 1EG,
Tél. : + 44 (0) 20 7396 9600&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</description>
    
    
    
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