... dont je déplorai, dans l'ultime post publié ici même il y a un an que le Guide Michelin l'ait privé de sa troisième étoile. Eh bien, il semblerait que d'avoir perdu cette distinction ait donné à Guy Martin la liberté d'un cuisinier qui n'a plus rien à défendre, qui peut donc tout se permettre, pour le plus grand plaisir de ses convives.

Le repas fut des plus simples et son énoncé mériterait de figurer dans une "Physiologie du Goût" : Oursins de Bretagne dans un fin velouté, œuf de cailles et caviar osciètre, Palombes façon bécasse, jus aux truffes, la distinction de ces plats si simples et si gourmands à la fois m'a envoyé direct dans la stratosphère d'où je ne suis redescendu, comblé et ébloui, que pour m'étonner encore une fois, avec Guy Martin, de l'incompétence de ceux qui prétendent décerner des médailles alors qu'ils n'ont jamais vu le feu d'un fourneau.Ni mangé pour leur plaisir.

Mais qu'importe. Guy Martin m'a donné, avec ce repas dont le souvenir me restera longtemps au cœur sans que j'ai besoin de beaucoup solliciter ma mémoire, l'envie de partager à nouveau avec les lecteurs de ce blog les plus belles impressions de gastronomie qu'il me sera donné de transcrire.

Et, pour que les choses soient dites et, à rebours de ceux qui dédaignent ce mot en le traitant de barbarisme, je préciserai seulement que la gastronomie ne concerne pas la théorie de la cuisine, il y a des livres de recettes pour cela, mais désigne un discours sur le bien manger car, après avoir dégusté, il est juste de discuter et de répandre partout la bonne nouvelle, apôtres que nous sommes, au service de ces artistes qui, non seulement nous donnent de la joie, mais surtout nous incitent à penser.