Plus d'un an a passé, depuis le dernier post publié sur ce blog. Un
déménagement, l'auteur a quitté Paris pour la (pour le) Champagne, l'envie de
prendre du champ aussi, de ne pas s'engoncer dans la routine, ont rendu ce blog
inactif, la nécessité de l'alimenter moins pressante. Aujourd'hui, il
reprend.
Et pour renouer le fil de notre dialogue, je rendrai compte aujourd'hui d'un
des meilleurs repas que j'ai fait depuis l'interruption de ce blog, au Grand
Vefour justement...
Tag - Champagne
dimanche 8 novembre 2009
Alimentation générale, le retour... Au Grand Vefour
Par Pierre Rival le dimanche 8 novembre 2009, 09:28 - Restaurants
dimanche 13 avril 2008
Moët déclare le millésime 2003
Par Pierre Rival le dimanche 13 avril 2008, 16:39 - Dégustations
2003,
tous les amateurs de vin vous le diront, a été l'année fatale. Particulièrement
en Champagne. Car, il n'y a pas eu que la canicule. L'été le plus chaud du
siècle, la vendange la plus précoce depuis 1822, 80 jours après la fleur (au
lieu de 100) soit le 18 août, une maturation si rapide que certains vignerons
étaient encore à la mer quand il fallut dare-dare ranger le matelas de plage et
se replier (en 4x4) sur les coteaux crayeux, ont laissé des souvenirs cuisants
- c'est le cas de le dire. Mais auparavant, il y avait eu quatre nuits de gel,
les 7, 9, 10 et 11 avril, détruisant 13 500 hectares de vignes, suivis de huit
épisodes de grêle en juin et juillet qui, comme par un fait exprès, touchèrent
les vignobles épargnés par le gel. Résultat, une demi-vendange, faible en
chardonnay et en pinot noir, les deux cépages rois de la Champagne, un peu plus
généreuse en pinot meunier, le mal aimé. Des raisins à forte maturité tannique,
riches en sucre mais où toute acidité avait brulé (5,3 d'acidité, le taux le
plus bas du siècle), un mout hyper-sensible à l'oxydation tournant "chocolat"
comme on dit du côté de Reims et d'Epernay, et des départs en fermentation
intempestifs. Pas étonnant que la plupart des maisons aient renoncé à déclarer
ce millésime. Seuls Bollinger et Moët s'y sont risqués à ce jour. Bollinger, on
comprend. La maison pratique un style où la maturité et la vinosité l'emportent
sur la minéralité et l'aérien. Mais Moët ? Il fallait un certain culot au
jeune chef de cave, Benoît Gouez, pour prendre la décision de réserver une
partie de cette minuscule récolte à la production d'un Grand Vintage. Ou
était-ce qu'il avait sur ce millésime solaire des lumières qui lui venaient de
la studieuse fréquentation de l'oenothèque de Moët, la plus impressionnante
collection de vins de réserve de toute la Champagne ? Au cours d'une
dégustation ouverte à quelques privilégiés, il a en tout cas plaidé avec
bonheur la cause d'un vintage atypique en s'appliquant à montrer en quoi 2003
s'inscrivait dans la lignée d'autres millésimes tout aussi originaux, 1976,
1959, 1947...